Les Tourpiers en ont marre des éoliennes

L’incinérateur de Thumaide, le TGV et maintenant cinq éoliennes de plus, les habitants de Tourpes en ont assez et s’opposent au projet de Windvision.

Pierre-Laurent Cuvelier

Avant même que les contours ne soient dévoilés par la société privée Windvision, le projet d’extension du parc éolien de Tourpes-Thumaide suscitait déjà le débat depuis plusieurs semaines. Entre ceux qui soutiennent que la commune leuzoise a déjà bien contribué à l’effort énergétique par l’implantation de 15 mâts et les (ardents) défenseurs de la cause, la réunion publique d’information était très attendue.

C'est ainsi qu'ils étaient une soixantaine de citoyens provenant de Leuze, Beloeil et Péruwelz à avoir assisté à la présentation de l'avant-projet «chemin Damas», lundi soir. À cet effet, le promoteur Windvision a confirmé son intention de voir émerger 5 nouvelles machines dans le prolongement (au Nord) du parc de 9 éoliennes en service depuis juillet. «Cette extension concernera le village de Tourpes et se situera à proximité de la ligne TGV et du Ravel. Chaque éolienne aura une puissance oscillant entre 2 et 3,5 MWh par an avec une hauteur maximale en bout de pale de 150 m ». En plus des 13 000 ménages déjà couverts par le parc Tourpes-Thumaide, cette augmentation de l'offre en énergie verte permettra d'atteindre 7 000 foyers supplémentaires.

Par ailleurs, ainsi que le prévoit le nouveau cadre de référence, l’investisseur privé Windvision, s’est dit ouvert à la prise de participation citoyenne pour l’une de ses cinq éoliennes. Des pourparlers sont même déjà en cours avec la coopérative leuzoise CLEF.

À quelques exceptions près, le son de cloche exprimé par les habitants fut de dire que l’entité leuzoise, et singulièrement le village de Tourpes, a déjà été suffisamment impactée par les bouleversements de leur paysage.

«Je suis pour l'éolien mais ça commence à bien faire. J'habitais dans un petit village tranquille et maintenant on est confronté aux nuisances liées à l'incinérateur de Thumaide, à la ligne TGV et aux éoliennes. Il ne nous manque plus qu'un zoning! », défend une riveraine de la rue de la 1re Brigade (Tourpes).

Une pollution visuelle s'accompagnant de désagréments sonores que beaucoup de citoyens ont vivement déplorés. «Avec le parc existant, je suis déjà soumise à un ronronnement constant et intenable alors que je me suis installée à Tourpes pour avoir le calme. J'en viendrais à vous suggérer de prévoir des compensations vis-à-vis de la dévaluation de ma maison», assure une dame originaire d'Anderlecht.

Le responsable technique de Windvision, Brice Bourget, a indiqué à cet effet qu’une étude acoustique sera réalisée afin de mesurer le niveau sonore autour du parc éolien.

Quant à la dévalorisation du patrimoine immobilier soulevée par d’aucuns, la société privée s’est appuyée sur un rapport de la Fédération Royale du Notariat pour prouver le contraire.

Du côté de l'autorité communale, si le maïeur Christian Brotcorne a rappelé les réticences du conseil communal, eu égard à un effet d'encerclement et de covisibilité déjà atteint, son homologue de Beloeil adoptait un discours plus abrupt. «Sur l'aspect environnemental du projet, on évite ici de rentrer dans le vif du sujet en s'appuyant sur des études théoriques. Il y a une sorte de malhonnêteté intellectuelle que j'ai du mal à comprendre vis-à-vis des doléances des citoyens », a dit Luc Vansaingèle.

D’ici le 5 novembre, les citoyens ont la possibilité de soumettre au Collège communal et à Windvision leurs observations sur l’avant-projet, préalable à l’étude d’incidences menée par le bureau CSD Ingenieurs.

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