École « oubliée » : la directrice dénonce

Des parents font entendre leur voix par rapport à des manquements matériels à l’école d’Ollignies. La directrice dénonce aussi.

Fanny GERRAERTS
École « oubliée » : la directrice dénonce
Sabine Degauque ©ÉdA – 201345662904

Le poste de directeur des écoles communales d’Ollignies-Papignies-Wannebecq-Ogy-Ghoy serait-il mal-aimé? À moins que ce ne soit plutôt le nom de famille de celle qui l’occupe actuellement, Sabine Degauque, qui soit préjudiciable. L’intéressée pense qu’il s’agit d’un mix des deux.

Elle pointe du doigt

Depuis qu'elle est entrée en fonction en septembre 2011, Sabine Degauque, anciennement enseignante à la Gaminerie, dit entretenir de très mauvaises relations avec ses collègues directeurs des autres implantations communales. «Notamment un, également chef de file d'un parti politique.»

C’est donc Alain Bource, directeur de l’école de Bois-de-Lessines, entre autres, et président du PS lessinois, qui est visé. La directrice d’Ollignies est pour sa part la nièce du bourgmestre sortant, Jean-Marie Degauque (PS aussi) dont les relations détestables avec le président sont désormais de notoriété publique.

«Moi, je n'ai pas de carte politique et les enfants non plus!, souligne Sabine Degauque. Tous doivent avoir droit au même niveau d'encadrement. Mais je crois que je fais l'objet d'une vengeance pour atteindre mon oncle, et ce sont mes implantations qui en souffrent. J'estime que quand on occupe deux postes aussi importants, il y a un manque d'objectivité. C'est malsain. On ne peut pas mélanger la politique et l'enseignement. Moi, je ne dois rien au bourgmestre: j'étais nommée bien avant qu'il n'arrive à ce poste et j'ai réussi mes examens pour être chef d'établissement. Et maintenant, je dérange. Je veux juste pouvoir travailler en paix.»

Des moyens insuffisants

Concrètement, la directrice accuse son collègue d'outrepasser ses droits. Alors qu'il occupe la même fonction qu'elle, il «dirigerait» en quelque sorte les choix du pouvoir organisateur, qui n'est autre que le collège communal composé en majorité d'élus socialistes. «C'est de la manipulation interne. Dans la nouvelle mandature, j'espère que nous aurons un PO objectif et neutre, qui mènera sa barque de manière équilibrée.»

La directrice cite quelques exemples. «Depuis 2006, la population scolaire d'Ollignies a quadruplé! Avec le prégardiennat, nous avons presque 150 enfants. Le réfectoire est beaucoup trop petit: une partie des élèves mange dans les classes. Une enseignante donne cours dans un couloir de temps à autre, sans même un tableau. Je ne cesse de réclamer un nouveau module. Quand les 5e et 6e primaires ont cours ensemble, je n'ai pas de salle pour accueillir 26 élèves. Mais on ne cesse d'esquiver. Je ne demande pourtant pas la lune il me semble, comparé à d'autres projets démesurés.»

Se battre pour des crayons

On se souvient notamment de commandes de tableaux numériques pour les implantations de Deux-Acren et Bois-de-Lessines. Au moment de voter ce point, des conseillers communaux s'interrogeaient de l'absence d'Ollignies. Il leur avait été indiqué que cette école n'était pas demandeuse. «En réalité, je n'étais même pas informée de cette possibilité. À mon sens, c'était justifié pour Deux-Acren, parce que cette école a un projet basé sur l'informatique, mais à Bois-de-Lessines, c'est un gadget. Surtout quand nous, nous devons nous battre pour des crayons de couleurs!»

Elle dénonce également un mauvais équilibre dans les répartitions des personnes de charge (techniciennes de surface, surveillantes pour la garderie…). « Dans les petites implantations maternelles de villages, l'enseignante se retrouve parfois seule dans l'école. Ce n'est pas sécurisant pour les parents, qui préfèrent parfois annuler l'inscription de leur enfant. J'essaye d'aménager le mieux possible mais je trouve regrettable de ne pas pouvoir obtenir une assistante maternelle, alors que nous avons justement la chance d'avoir un PO qui fait un effort pour les emplois communaux. Il y a un vrai manque de transparence.»