Une passion qui l’envahit depuis 40 ans

Les véhicules anciens de l’US Army sont de sortie ces jours-ci… L’Anvinois Freddy Delaunoit en possède une collection assez exceptionnelle.

Pascal Lepoutte

Dans le milieu des collectionneurs de matériel militaire ancien et dans celui des reconstitutions d'événements liés à la fin de Seconde Guerre mondiale, Freddy Delaunoit est connu comme le loup blanc. En témoigne le nombre d'affiches, calendriers, revues… où il figure au volant d'un de ses véhicules peints couleur vert olive. Et pour celui qui a participé aux cérémonies de la Libération en Normandie, en Corse à trois reprises, à Bastogne et partout en Belgique, les invitations aux concentrations et autres Remember days continuent de pleuvoir « C'est aussi du relationnel, c'est gai… »

On a aussi pu les retrouver, lui et ses engins remarquablement préservés, sur les tournages du film The Hessen Affair, au château de Belœil, et du teaser de la série Band of Brothers sur la plage d'Utah Beach.

Dans les tripes

Né… pendant le conflit, l'Anvinois était déjà actif dans le secteur de la distribution de boissons quand il a acheté son premier véhicule, un Dodge à la fin des années 70. «C'était une épave, qu'on a dû complètement restaurer, dit celui qui, durant son service militaire à Charleroi, était magasinier au peloton maintenance: je manipulais des pièces toute la journée. C'est sans doute de là que vient mon envie de restaurer ces véhicules.» Il acquiert ensuite une jeep chez un voisin, amis la vend rapidement par manque de place: «Elle est partie à Frasnes chez des chasseurs. Je l'ai récupérée par la suite au garage Delhaye.» Il la rachètera, trente ans plus tard, plus de trente fois le prix qu'il l'avait payée au départ! Aujourd'hui, les sommes dépassent même l'entendement: « À l'époque, c'était uniquement pour la collection, c'était dans les tripes. On ne pensait pas à la spéculation… »

«Les rois du Macadam»

Overlord Returns, ce voyage aux États-Unis en 2000 reste un souvenir impérissable: On était une trentaine de véhicules belges. Le 4 juillet, on a défilé devant un million de personnes à Washington, très impressionnées de voir des Harley Davidson de l'époque!» Car à la Libération, « les Américains ont tout laissé (véhicules lourds, chars, semi-chenillés,) et l'armée française en a utilisé beaucoup. J'ai beaucoup acheté par la suite au Domaine en France, à Lille, Douai… jusqu'à Sissone.» La folie de la collection a vraiment démarré en 1989, après le 45e anniversaire du Débarquement. «À ce moment-là, on était les rois du macadam. maintenant, c'est devenu tellement touristique qu'on ne sait plus bouger…» Depuis cette époque bénie, Freddy bichonne, en moyenne, d'une quinzaine de véhicules: «quand j'en vends un, j'en achète un autre. J'ai cédé mes chars M8 et M20, après être tombé de l'un d'eux.» Trois quarts de siècle après leur sortie d'usine, la plupart de ces véhicules apparaissent dans un état impeccable. Le secret? «Cela demande beaucoup d'entretien et il faut pouvoir le faire soi-même. Ça contribue à leur longévité

Freddy, qui a transmis le virus à ses (petits-)enfants se dit particulièrement attaché à la mythique Jeep, dont un journaliste américain avait écrit qu'elle était fidèle comme un chien, aussi forte qu'une mule et aussi agile qu'une chèvre.»