Un véritable miracle familial

Le camionneur qui a dérapé dans le virage de Dergneau a laissé derrière lui de larges traces de son passage. Témoignage d'une sinistrée.

Pierre-Laurent Cuvelier
Un véritable miracle familial
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Partis samedi dernier pour une semaine de vacances dans le Jura, à plus de 700 km de leur domicile de la chaussée de Renaix (N60), Christelle et Jacky Gheux étaient à des années lumière d'imaginer ce qui allait se produire lundi vers 4h30 du matin sous un brouillard dense, sur une route dont la vitesse est limitée à 50 km/h...

Un camion transportant de la pulpe de betteraves ratait son virage et heurtait violemment trois habitations, avec en première ligne la demeure du couple, âgé d'une quarantaine d'années. «Les vacances n'ont malheureusement duré qu'un jour! Il devait être 5h30 lundi lorsque j'ai reçu un appel de mes parents qui m'ont indiqué qu'un camion avait embouti notre façade, que les dégâts étaient considérables et que la Protection civile devait descendre sur les lieux», raconte Christelle Gheux. «Tout nous passe par la tête à ce moment-là, surtout en étant loin de notre maison» La question de rester en vacances ou de revenir à la hâte en Belgique ne s'est pas posée. Christelle et Jacky ont directement décidé de tout remballer et d'effectuer le trajet retour en voiture, long de six heures.

17 ans de travail réduit à néant!

On peut dire que le couple tient particulièrement à ses briques. Il y a investi le plus clair de son temps dans la restauration. «Nous avons acheté cet ancien magasin il y a 17 ans à l'état de ruine, en

vue de le rénover en habitation. Excepté la façade, tout a été fait par nos mains. Les travaux de réfection intérieure tiraient à leur fin voilà que tout s'est écroulé en l'espace de deux secondes», déplore Christelle, émotionnée mais qui tente malgré tout de tourner la page.

«Moralement, c'est difficile d'encaisser un tel désastre mais on doit directement se relever les manches pour reconstruire ce qui a été détruit. On a aussi pu compter sur nos amis, nos voisins et notre famille. Ils nous ont tous soutenus et aidés à déblayer la maison. Je tiens d'ailleurs à les remercier».

La chance d'être ailleurs

En quelque sorte, cette escapade dans le Jura leur a peut-être sauvé la vie car à la vue des dégâts (la façade, la salle à manger, le salon, des meubles et des souvenirs démolis), on n'ose penser quel aurait été leur sort s'ils s'étaient trouvés dans l'une de ces pièces au moment du choc. «Il y a peut-être un bon dieu pour nous », ajoute la dame avant de poursuivre. « C'est un miracle qu'il n'y a eu aucun blessé car des piétons ou des voitures venant de l'autre sens auraient pu être impliqués dans l'embardée.»

La chance de ne pas dormir

Quant à l'habitation attenante à la leur, c'est le beau-père de Christelle qui y vit. Lui aussi a eu beaucoup de chance. Il ne dormait pas au moment du choc, il était dans sa cuisine. S'il avait été couché, il aurait pu être touché, la fenêtre de sa chambre s'étant littéralement brisée sur son lit. « Et même s'il est déficient auditif, il a entendu un boum, sans se douter de ce qui se passait», termine la sinistrée, qui se sent paradoxalement en sécurité chez elle, dans une maison qu'elle qualifie de très solide et dans laquelle elle continue à vivre avec son mari malgré les dégâts.