Un toilettage canin « itinérant »

Au volant de sa camionnette, Elodie taille les routes de la région pour faire une beauté aux toutous.

François CAUDRON
Un toilettage canin « itinérant »
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Il y a trois ans, Élodie Vandaele (21 ans) se lance le pari de mener à bien un projet de toilettage pour chiens... dans un camion itinérant. Une passion pour les animaux de compagnie qui lui vient de sa plus tendre enfance. Le jardin de sa grand-mère était alors son terrain de jeu idéal avec chats, chiens, lapins... À seize ans, elle devient bénévole au refuge pour chevaux « Animaux en péril » de Meslin l'Évêque.

Deux ans plus tard, sans complexes, elle franchit le seuil d'une banque avec l'espoir d'obtenir un prêt pour réaliser son projet. « Je leur ai montré ma détermination et leur ai dit que si ça ne fonctionnait pas, je revendrais tout et récupérerais la somme empruntée », raconte Élodie. Elle ressort de la banque avec un accord et « la certitude de réussir » .

À l'époque pourtant, de nombreux obstacles subsistent : l'inquiétude des parents prêts à lui payer des études, le regard des professeurs et des amis de l'école secondaire Saint-Pierre à Leuze qui lui déconseillent vivement de se lancer tête baissée. « Tout le monde me disait que j'allais le regretter, que j'allais passer à côté de ma jeunesse. Je me rappelle d'un professeur qui estimait que j'étais folle. Je lui ai répondu que je préférais être épanouie dans un métier qui me plaisait. » De l'eau a coulé sous les ponts depuis. Aujourd'hui, Pilpoil est un succès : la jeune toiletteuse regarde son parcours avec fierté.

Le secret de l'ascension

Son carnet d'adresses est complet jusqu'à mi-octobre. Elle vit désormais sa passion six jours par semaine à raison de huit heures par jour. « Je vais partout avec le camion : Ath, Tournai, Frasnes... J'organise mon planning de visite en fonction de la région où habitent mes clients » .

Depuis qu'elle a commencé, deux autres « toiletteurs itinérants » lui ont emboîté le pas dans la région. Mais pour Élodie, rien de grave ; du travail il y en a et y en aura toujours en Wallonie picarde.

Il faut avouer que l'idée n'est pas banale. Avoir un salon itinérant, permet d'aller chez les propriétaires qui éprouvent des difficultés à se déplacer, sans toutefois devoir salir leur intérieur.

Le contact avec les clients est aussi, tout à fait particulier. « Les personnes montent souvent dans le camion pour voir si tout se passe bien. Je ne suis pas seulement toiletteuse, j'offre aussi ma compagnie . Une personne âgée m'attend même après chaque rendez-vous pour m'offrir un repas », confie la jeune toiletteuse.

Un compagnon de route Depuis ses débuts, Élodie taille la route en compagnie de « Pacha », son chien, sa mascotte. À dix-huit ans, seule au volant, elle avait préféré s'entourer d'un compagnon de voyage. Aujourd'hui, l'animal la suit dans tous ses déplacements. « Comme je passe régulièrement pour le toilettage, mes clients l'ont vu grandir. Aujourd'hui, les gens le reconnaissent. Les enfants jouent avec lui, ils montent sur son dos. C e camion, cette aventure c'est aussi un peu la sienne », conclut Élodie.

Dans deux ans, elle aura terminé de rembourser son prêt à la banque. La jeune indépendante ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Son rêve est d'ouvrir un refuge, d'offrir des pensions et de faire de l'élevage.

Vu sa détermination, on ne peut que lui souhaiter bonne route.