Deux pièces « frasnoises » ont effectué le déplacement

Deux objets, parmi tous ceux exposés au musée de Mariemont, viennent de Frasnes-lez-A nvaing. Charles Henneghien a joué les ambassadeurs.

Pascal Lepoutte

La grande statue (70 X 74) de saint Georges terrassant le dragon un affrontement que la légende situe au IIIe siècle à Beyrouth habituellement hébergée en l'église de Cordes a fait le déplacement jusqu'à Mariemont . « On avait déjà prêté notre plateau en 1994, et cela s'était bien passé », explique Willy Puvinage, secrétaire de la Fabrique d'église. « Alors, quand les organisateurs de l'exposition Mémoires d'Orient ont demandé à pouvoir présenter cette statue en bois polychromé, datant du XVIIe ou du XVIIIe siècle, n ous n'avons pas hésité. Au niveau de la sécurité, ainsi que pour les questions d'assurance, nous leur faisons entièrement confiance. » Pour l'icône présentée dans l'église Saint-Martin de Frasnes-lez-Buissenal, le photographe et écrivain Charles Henneghien a établi le contact : « Mes livres sur les croisades et d'avoir dragué le Moyen Orient en tous sens m'ont fait recruter dans le comité d'organisation de l'exposition. J'ai réalisé un clip audiovisuel de 12 minutes sur les Croisades qui passera en boucle sur écran dans une des salles. Je fournis par ailleurs l'illustration pour le catalogue. » En parcourant les textes de ce catalogue, Charles apprend que l'église de Frasnes possède une copie du XVIIe siècle d'une icône d'école byzantine, connue sous le nom de Notre-Dame de Grâce ou Vierge de Cambrai.

Depuis 1450, grâce à cette icône d'école byzantine, Notre-Dame de Grâce fait l'objet d'un culte des plus populaire dans la cathédrale de Cambrai. Elle déplace les foules. Quand elle retrouva sa place en 1804, après avoir été cachée durant la Révolution française, cent mille personnes assistaient à son retour ! Bernadette Soubirous estimait par ailleurs qu'il s'agissait du portrait le plus ressemblant de la Vierge qui lui était apparue.

Très proche de l'originale

Devant le succès considérable remporté par le nouveau culte, le chapitre de Cambrai, légataire de l'oeuvre, autorisa l'exécution de copies. Plusieurs furent réalisées entre 1450 et le XVIIe : celle de Frasnes, relève Monique Maillard-Luypaert (CRHIDI, Séminaire épiscopal de Tournai) « est fidèle au modèle italo-byzantin conservé à Cambrai ». Bien qu'ayant été enfant de choeur dans son enfance à Frasnes, Charles Henneghien ignorait, dit-il l'existence de cette peinture. « Le Musée rencontrant quelques difficultés à obtenir en prêt l'icône de Cambrai et la copie de Notre-Dame à la Rose de l'Hôpital de Lessines, j'ai donc pris l'initiative de proposer la copie exacte c'est ainsi que la qualifient les spécialistes de Frasnes. Grâce à Pierre Deroubaix, j'ai joué les bons offices auprès du conseil de fabrique .» Lequel a accepté de prêter la précieuse copie (et non pas la copie de celle-ci, habituellement présentée dans l'église) au Musée royal. « On en ressent une certaine fierté, commente le doyen de Frasnes Xavier Huvenne. C'est une pièce extrêmement rare ; il ne reste que quelques exemplaires de ces copies dans le monde entier

L'icône frasnoise sera exposée dès demain à Mariemont.