Flobecq citée en exemple à la COP21

Avec 30% d’habitations équipées en panneaux photovoltaïques, Flobecq a un taux de pénétration aux énergies renouvelables unique.

Audrey Ronlez
Flobecq citée en exemple à la COP21
photovoltaïque ©ÉdA – 10476574932

Quand, il y a cinq ans, Philippe Mettens a levé le voile sur le projet envisagé pour favoriser le développement durable de sa commune, il faut le dire: beaucoup l’ont pris pour un illuminé. Force est de constater qu’une demi-décennie plus tard, l’idée tient toujours la route et fait même des émules. Au point que la politique flobecquoise en matière de photovoltaïque accessible au plus grand nombre sera présentée lors de la COP21, grand rendez-vous environnemental mondial à Paris (voir par ailleurs p. 12-13 du cahier national).

«Une équipe de production flamande m'a contactée à la fin des vacances d'été pour venir faire un reportage sur notre projet», se souvient Philippe Mettens. «Il y a un mois et demi, ils m'ont annoncé que le sujet serait présenté à Paris afin de promouvoir des initiatives porteuses.»

Après avoir été deux fois désignée comme capitale du photovoltaïque (2012 et 2014), voilà une nouvelle reconnaissance pour la commune de Flobecq. Il faut dire que le fait de permettre à ses habitants de bénéficier gratuitement de panneaux photovoltaïques n'est pas anodin. Si l'idée de base est simple: emprunter via l'ASBL Collines sous Levant afin de financer les installations et rembourser cette avance via les certificats verts produits; sa mise en œuvre n'est pas aussi évidente. Pour parvenir ce tour de force, les négociations ont été nombreuses (banques, avocats, TVA, etc.) afin de bétonner le plan financier. «En 15 ans, tout peut arriver… Il fallait prévoir tous les aléas: les gens peuvent vendre leur maison, elle peut brûler, etc. Il fallait un système robuste et, vu que cela fonctionne toujours, on peut dire que c'est le cas. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui nous demandent des informations. J'ai encore présenté le projet la semaine dernière lors d'une rencontre organisée par la chaire académique Ores sur l'évolution vers les réseaux intelligents.» En effet, Ores, le gestionnaire des réseaux de distribution d'énergie en Wallonie s'est directement montré intéressé par le projet au point d'en devenir partenaire. «Ils nous ont même permis d'avoir deux compteurs intelligents par installation, ce qui nous offre le luxe, aujourd'hui, d'engranger des données très utiles. Cela permet de voir très rapidement si l'installation rencontre un problème quelconque, mais aussi de mesurer la consommation quasi instantanément (mesures tous les quarts d'heure visibles en ligne).» Autant de données qui permettent à Ores de faire des études et autres simulations. «Flobecq est devenu une sorte de laboratoire. Avoir 400 installations – soit 30% des habitations de l'entité – équipées, a forcément un impact sur le réseau.»

Même si, aujourd'hui, la plupart des villes ne présentent qu'un faible taux pénétration aux énergies renouvelables (à peu près 5% malgré les incitants financiers), c'est vers le pourcentage flobecquois qu'elles devront tendre pour atteindre les objectifs européens. «Quand ce sera le cas, le réseau devra être adapté et c'est pour se préparer qu'Ores analyse en détail le cas de Flobecq. De plus, le SWDE est aussi très intéressée par cette gestion plus intelligente des réseaux. Espérons que ce système puisse être appliqué plus largement! Je pense que cela serait encore applicable malgré la diminution des certificats verts, mais il faut oser le faire: dépasser le discours pour entrer dans l'action.»

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