Robert Rolland « en état de grâce »

Dans cinq cents, ou dans un millénaire… un historien de l’art se penchera peut-être sur la statue en bois de saint Bavon de la cathédrale de Gand.

P.L.
Robert Rolland « en état de grâce »
saint bavo ©ÉdA – 30387741437

«Eh oui, c’est la recherche de l’immortalité ce que je fais, rien d’autre… sourit Robert Rolland, 72 ans. Et aussi la fierté de voir mon œuvre côtoyer celle des frères Van Eyck. C’est la gloire !»

Plus sérieusement, ce qui a toujours guidé ce professeur en arts plastiques de la HELHA, c'est uniquement «le plaisir de faire». Il a commencé à sculpter à l'âge de vingt ans, «par envie de travailler la matière». Certaines de ses réalisations sont connues: l'Arbre aux Sorcières, qui fut exposé à Ellezelles, la Mise au tombeau du calvaire de Mainvault, la statue de Notre-Dame des Étoiles (église Notre-Dame auxiliatrice à Tournai)… et aujourd'hui ce Saint-Bavon. Depuis plusieurs années, celui qui exprime aussi ses talents par le dessin et la peinture, anime des ateliers artistiques à Flobecq. Se retrouvent ainsi chaque samedi à sculpter le bois, en bénéficiant de ses précieux conseils, des gens d'horizons divers: ingénieur, médecin, entrepreneur, ouvrier… « Ils parviennent à réaliser des choses fantastiques, confie celui qui avait vécu assez difficilement la fin de sa carrière professionnelle en 2008: j'aurais pu continuer à enseigner jusqu'à 80 ans… Le bois, c'est ma passion, mais le plaisir de transmettre aux autres s'avère aussi essentiel pour moi. C'est pour cela que j'anime ces ateliers. Le sentiment d'être encore utile, c'est un moteur puissant.» L'artiste déclare par ailleurs se sentir « un intermédiaire ». Un ami géobiologie dit qu'une énergie positive se dégage de son atelier: « J'ai vraiment l'impression que je suis guidé, je n'éprouve aucune difficulté, aucun problème à faire ce que je fais, les choses semblent venir d'elles-mêmes. Je ne cherche pas à comprendre… Je profite seulement de cette sorte d'état de grâce