Jacky Leroy, oncle de Rudy Demotte: «Philippe Mettens faisait de l’ombre à Rudy»

Parmi les citoyens venus manifester leur soutien au combat de Philippe Mettens, mardi soir, se trouvait une personnalité particulièrement consternée par la situation : Jacky Leroy.

F.G.
Jacky Leroy, oncle de Rudy Demotte: «Philippe Mettens faisait de l’ombre à Rudy»
Flobecq, le "cas" Philippe Mettens ©ÉdA – 202243278625

À la fois beau-père de Philippe Mettens et oncle de Rudy Demotte, l’ancien bourgmestre de Flobecq a été le « tuteur politique » de ces deux personnalités.

«Pendant longtemps, j'ai tenté de ralentir les pulsions de l'un et de l'autre, pour apaiser les tensions. Ca a plutôt bien fonctionné durant plusieurs années. Mais quand je vois le comportement de Rudy aujourd'hui, je me dis qu'il n'y a que la haine pour justifier cela. Ca me fait penser à quelqu'un qui veut écraser un rival. Si on était en Russie, Philippe aurait été envoyé dans les mines de sel depuis longtemps. Je suis déçu.»

Tout comme son beau-fils, l'ancien maïeur suppute que la disposition instituant l'incompatibilité entre les fonctions de Top managers fédéraux et de bourgmestres aurait été ajoutée par Rudy Demotte, dans l'intention de nuire à son beau-cousin. «En tout cas, j'ai vu le texte initial, qui ne visait que les managers de la Région wallonne, ce qui me semble plus «normal». L'ajout s'est fait à la dernière minute, par une «commission», selon Rudy. J'espère encore que ce n'est pas de son fait; mais il y a de sérieux doutes

L'un de ceux-ci se forge sur une première tentative de mise à l'écart de Philippe Mettens, en 2000. «À l'époque, Philippe devient Top manager de la politique scientifique. Rudy tente de l'empêcher de prendre le poste de bourgmestre ff de Flobecq, en lui disant que les deux sont incompatibles. Philippe m'en parle et je lui demande s'il y a une incompatibilité légale. Après vérification, il n'y en avait pas. Il n'y avait donc aucune raison de refuser le poste, puisqu'il était élu. À partir de là, le ver est entré dans le fruit. Il y a eu rupture de confiance. Rudy a remarqué que Philippe lui faisait de l'ombre. Aucun ministre n'aime ça. Et aujourd'hui, cette «incompatibilité» supposée est devenue une disposition légale. »

Un autre élément a renforcé l'opinion de l'ancien sénateur socialiste: la prise de distance de l'exécutif de la fédération PS de Wallonie picarde avec le bourgmestre flobecquois. «Je ne peux pas croire que Monsieur Senesael a parlé de sa propre voix. Guillotiner de la sorte un de ses militants de base… ça ne s'est jamais fait; pour personne. Même pour des gens qui ont vraiment fauté. Au nom de la «solidarité» entre camarades, on passe sur tout… sauf sur le fait d'avoir gagné une majorité absolue plus forte que celle du ministre-président. »

Las, Jacky Leroy soutient son beau-fils. «Je trouve son combat personnel admirable. Je crois que je n'en aurais pas fait autant. Je respectais les règles; mais je n'ai jamais non plus été attaqué par des règles qui me visaient personnellement. Et j'ai toujours été un fou idéaliste, qui pensait qu'on pouvait changer les gens. »