Il les éclabousse, Rudy Demotte aussi

Philippe Mettens a au moins le mérite de la sincérité, parfois piquante, à travers les 358 pages de son livre.

Il les éclabousse, Rudy Demotte aussi
Flobecq, livre de Philippe Mettens, " A charge et à décharge" ©EdA

Magistrature, services d'ordre, mandataires politiques de tous niveaux y sont éclaboussés de réflexions qui ne sont pas vraiment bridées par la loi du conventionnel respect envers « les puissants ».

Il n’y a pas non plus de favoritisme particratique dans l’ouvrage: le PS et nombre de ses représentants y reçoivent leur volée de bois vert, singulièrement le nouvel homme fort de Tournai, Rudy Demotte lui-même (par ailleurs cousin germain de l’épouse de Philippe Mettens, Axelle Leroy).

« Matamoresques déclarations »

Il évoque les initiatives des « grands absents » (italique) du dossier, lesquels « ont singé l'ambition de reprendre la main ». « Un peu comme si on m'avait assez longtemps laissé jouer tout seul et que l'heure de la leçon avait sonné. De telles démarches, aussi spectaculaires que vaines et déplacées, furent entamées à la double initiative d'Herman De Croo et… de Rudy Demotte. On appréciera l'élégance et la subtile tentative de décrédibilisation qu'elles recelaient. Ces démarches avaient en réalité, tout d'inconvenant, de vexatoire même. […] »

Le 9juillet 2003, telle réunion est organisée au Cabinet de Michel Forêt. « Dans mon costume cravate, je suis tendu. Ça m'énerve copieusement que ces deux-là soient ici pour jouer les vedettes. »

Mais quelques mois plus tard, les Patdagachs « visitent » le bureau du ministre de la Santé (à l'époque). « Décidément, on est bien plus tranquille lorsqu'on s'abstient de matamoresques déclarations. »

« Rudy a peur... »

Octobre 2005. Flobecq arrive en tête d'une étude sur les communes « les mieux gérées de Wallonie ». Philippe Mettens passe chez Rudy Demotte ce matin-là. Des journalistes y sont. « Je suis agacé de voir que les journalistes parlent de gestion communale avec Rudy alors qu'il n'assume aucune responsabilité sur cette gestion et qu'il ne m'a, en outre, pas prévenu de leur venue matinale. » Au soir des élections communales de 2006, Philippe Mettens rejoint les studios de No Télé en compagnie de Rudy Demotte. « Au fond de lui, Rudy a peur. Il craint d'être pénalisé pour son inévitable éloignement des questions communales… »

On connaît les résultats: Rudy Demotte devance certes Philippe Mettens, mais il a perdu des voix et il est talonné par le « f.f. ».

Et presque comme une cerise sur un gâteau, à propos des Antoniades orchestrées par le « particulier secrétaire » de Rudy Demotte.

« Il s'agit là, annuellement et en rupture avec une tradition locale flobecquoise, plutôt autocentrée, de glorifier quelques édiles de tous horizons, pour parfois s'attirer leurs bonnes grâces, en assurant du même coup, un rayonnement proportionnel à leur notoriété, aux forces invitantes...»¦

F.H.