Un pylône d’antenne supplémentaire pour les secours à Enghien

Les Enghiennois et Flobecquois souvent envoyés en Flandre lorsqu’ils appellent le 101 ou le 112.

Audrey Ronlez
 Il arrive que les appels d’urgence des Flobecquois et Enghiennois arrivent dans une centrale néerlandophone, ce qui peut avoir des conséquences importantes, si pas vitales.
Il arrive que les appels d’urgence des Flobecquois et Enghiennois arrivent dans une centrale néerlandophone, ce qui peut avoir des conséquences importantes, si pas vitales. ©BELGA

Dans les communes à facilités d’Enghien et Flobecq, proches de la frontière linguistique, il arrive de tomber sur des opérateurs néerlandophones quand on téléphone aux urgences.

Une situation problématique en ce qui concerne la bonne communication, mais aussi en termes de délais d’intervention. En effet, les appels étant renvoyés en Wallonie, un temps précieux est perdu.

Alertée par le bourgmestre d’Enghien, Olivier Saint-Amand, Marie-Colline Leroy (Écolo) a questionné la ministre de l’intérieur Annelies Verlinden au sujet "d’un problème technique dont les conséquences peuvent être importantes, si pas vitales".

"De nombreux témoignages relatent que, quand un habitant des entités de Flobecq ou Enghien appelle les urgences par GSM, en formant le 101 ou le 112, il n’entre pas en contact avec une centrale wallonne, mais tombe la plupart du temps sur des opérateurs néerlandophones des centrales de Leuven voire de Brugge", a expliqué la députée fédérale.

"Ceux-ci tentent de s’expliquer au mieux, prennent note des problèmes et transfèrent parfois les appels vers une centrale francophone. Inutile d’expliquer qu’un temps précieux est ainsi perdu en situation de stress."

"Estimez-vous qu’il soit normal qu’Enghien et Flobecq, communes wallonnes à facilités linguistiques, soient orientées vers les opérateurs flamands ? Comment expliquez-vous ce problème ? La position des antennes est-elle en cause ? Et comment comptez-vous remédier à ce problème avant qu’un événement malheureux se produise ?"

« Il s’agit plutôt d’une exception »

La ministre Verlinden a expliqué qu’il arrivait effectivement, qu’un appel d’urgence soit transféré à une centrale 112 de la zone voisine "dans des endroits proches des frontières provinciales".

"Partant du principe qu’un appel d’urgence ne doit jamais être perdu, il est également important de s’adresser à l’appelant dans la même langue que celle de la province d’où il appelle", a cependant souligné la ministre de l’Intérieur.

Renseignements pris auprès des Centres pour l’information et la communication (CIC), il semble qu’en 2020, treize appels ont été signalés dans le CIC de Flandre orientale à destination du CIC du Hainaut. En 2021, il y en avait six et en 2022, il y en avait cinq.

"J’en conclus néanmoins que le problème cité est heureusement l’exception plutôt que la règle."

Et la ministre de poursuivre: "L’acheminement technique des appels d’urgence vers le centre d’appels d’urgence approprié est effectué par l’opérateur télécom Proximus. Les centres d’urgence eux-mêmes n’ont aucune visibilité sur la position de ces antennes. Il peut donc arriver qu’un appel d’un smartphone ou GSM soit capté par une antenne télécom qui se trouve sur le territoire de la province voisine et est alors transféré à la centrale de cette province. L’IBPT (L’Institut belge des services postaux et des télécommunications) a informé mon administration que, techniquement parlant, aucune solution ne peut être implémentée."

Ainsi, il peut y avoir diverses raisons techniques pour lesquelles le routage est différent de ce qui était espéré: le signal GSM est capté par un pylône situé de l’autre côté de la frontière provinciale, le pylône GSM est en maintenance ou surchargé, aucune couverture par le fournisseur de l’appelant, ce qui fait que l’appelant est connecté au pylône le plus proche, quel que soit le fournisseur, un appel via VOIP (internet) ou encore un téléphone fixe via une centrale téléphonique installée dans une autre province.

"Diverses procédures opérationnelles existent entre les centres d’urgence pour répondre à ces préoccupations légitimes dans la mesure du possible. Celles-ci prennent en compte, entre autres, la langue utilisée, le contenu de l’appel, l’urgence, le lieu où l’aide est demandée, etc. De cette manière, les services d’urgence tentent d’aider l’appelant aussi rapidement et qualitativement que possible."

Actuellement, il semble qu’aucune contrainte structurelle ou technique n’a été identifiée dans les régions d’Enghien et Flobecq en dehors des contraintes générales détaillées par la ministre.

"Concernant Enghien, la construction d’un pylône d’antenne supplémentaire a été approuvée."

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...