Nautisport : un dialogue de sourds

Le cdH avait informé le conseil qu’il sollicitait l’avis de la tutelle sur le dossier Nautisport. Finalement, lors du conseil, le parti s’est rétracté.

Daphné demitri
Nautisport : un dialogue de sourds
cc enghien 18 octobre ©EdA - 201448753028

Le dernier point du conseil communal de lundi concernait l’ajout d’une information sur le dossier Nautisport par le cdH. En l’absence de son chef de groupe Marc Vanderstichelen, Clément Crohain a tenu à faire le point sur les raisons qui ont poussé son parti à inscrire un point d’information au conseil communal. Le point évoquait un courrier adressé au ministre Furlan…

«Nous souhaiterions conclure sur ce dossier. On demandait simplement d’assurer la transparence sur un certain nombre d’éléments et les questions qui ont été posées. Nous avons avancé étape par étape sans jamais avoir pu conclure»

« Mettre fin à cette escalade »

L'ancien bourgmestre a affirmé souhaiter un retour au calme dans ce dossier: «il faut mettre fin à cette escalade!». Pour sortir des discussions, Clément Crohain a mis sur la table une proposition concrète pour «établir la transparence» car «le cdH ne souhaite pas de politisation du problème». «La proposition est que le conseil communal sollicite l'avis de l'administration de la région wallonne, la DG 05, régie responsable des pouvoirs locaux, en lui soumettant les deux interprétations, celle de l'expert et celle du cdH donnée par l'avocat. Cela afin que la tutelle éclaire le conseil communal sur la situation».

La majorité s’est étonnée de cette proposition. En effet, «l’information» donnée préalablement au conseil communal a été modifiée au dernier moment, ce qui a provoqué pas mal de confusion entre les deux camps durant les débats.

En effet, dans le point mis à l'ordre du jour par le cdH, celui-ci informait le conseil communal qu'un courrier avait été envoyé à la tutelle. «Vous nous avez informés que vous aviez sollicité l'avis de la tutelle et du ministre. Un courrier a d'ailleurs été joint…» fait remarquer la bourgmestre Florine Pary-Mille. «Nous avions cette intention-là.. Mais après réflexion, le courrier n'est pas parti chez le ministre Furlan. On ne l'a pas envoyé » rétorque Clément Crohain.

«Mais dans le mail envoyé, vous notez «suite à la demande de diffuser la note de l'avocat spécialisé, on a préféré, compte tenu du caractère personnel de la note, la soumettre à la tutelle pour avis objectif». On ne comprend plus rien!» a embrayé la bourgmestre. Le cdH réexplique alors, à l'unisson, qu'aucun courrier n'a été envoyé à la tutelle. «Et bien demain matin, ça partira chez le ministre. On l'enverra pour vous si vous voulez!» ironise la bourgmestre. «Je suis très confiant par rapport à la réponse que la tutelle apportera» a lancé de son côté Philippe Streydio, président de Nautisport.

Pas de courrier à la tutelle au nom du conseil communal

Lors du conseil, le conseiller sortant Charles Leblanc (MR), a tenté de revenir à la charge pour présenter son (troisième) rapport sur les comptes de la taverne. Ce point n’était cependant pas à l’ordre du jour et le mandataire a dû se résoudre à garder le silence lors de son dernier conseil en tant qu’élu.

Il est opportun sans doute de recontextualiser le dossier Nautisport, à la lumière des dernières informations. Le conseil d’administration de Nautisport s’est réuni le 9novembre pour valider le PV de la réunion extraordinaire du 31août. Il fallait en effet attendre la rencontre – qui a tardé – entre le réviseur d’entreprise et Charles Leblanc. Ce dernier a présenté à l’expert son dernier rapport sur la taverne la veille, c’est-à-dire le jeudi 8 novembre.

Le président de Nautisport nous a indiqué que la majorité n'a pas l'intention de suivre la demande du cdH, qui souhaitait donc lors du conseil que le conseil communal dans son ensemble sollicite l'avis de la tutelle. «La majorité ne va pas s'embarquer là-dedans étant donné que toutes les explications ont déjà été apportées» note Philippe Streydio. Aucun courrier ne sera envoyé au nom du conseil communal. Reste à voir si le cdH envisage de contacter lui-même le ministre sur le dossier. Et donc de rentrer dans une «escalade» qu'il dit publiquement ne pas souhaiter. Auquel cas, la «note d'information» pourra servir pour de bon.