«N'attendez pas avant d'intervenir car une fois qu'elles ont fait des petits...»

Quel est le déroulement classique d'une de vos interventions?Je vais prendre un exemple actuel, d'une personne d'Ellezelles qui a fait appel à moi. J'y suis allé mercredi pour poser mes pièges. J'y suis retourné samedi et 9 taupes étaient prises; j'ai replacé les pièges et je suis repassé lundi, avec encore 4 taupes piégées. Je pense y revenir une fois encore et le terrain devrait être nettoyé.Qu'est ce qui est le plus délicat?Trouver les galeries principales. Avec l'expérience, on apprend bien sûr à les repérer et c'est l'élément essentiel. La taupe fait deux sortes de galeries : les superficielles, celles qui forment des boursouflures dans votre pelouse, elles sont souvent le fait de jeunes taupes et sont peu fréquentées; et puis il y a les principales où la taupe chasse et passe donc fréquemment (environ toutes les 3 heures). C'est là qu'il faut bien poser les pièges.

«N'attendez pas avant d'intervenir car une fois qu'elles ont fait des petits...»
12475479 ©© EdA

Combien demandez-vous pour une intervention?

Cela dépend d'une série de données et bien sûr en premier lieu de la longueur des déplacements à effectuer, mais aussi de l'environnement (voisinage de bois, de prairies), ainsi que du nombre approximatif de taupes présentes. En fonction du descriptif du client ou d'une première visite sur place, j'établis un devis qui prévoit l'élimination totale des taupes. Tant qu'il y en a, j'y retourne! Et lorsque je pense en avoir terminé, le client a une garantie de 3 mois. Donc, si une taupinière réapparaît durant cette période, j'y retourne gratuitement. Disons que pour un terrain bien infesté, qui nécessite donc 5 à 6 passages, la moyenne est de 200 à 250?. Mais j'insiste vraiment sur deux éléments :

- le résultat est immédiat car je pose beaucoup de pièges (une vingtaine sur un terrain d'une dizaine d'ares) pour que la différence soit de suite perceptible;

- le travail est propre et je vous mets au défi, après mon intervention, de signaler les endroits où j'avais disposé mes pièges. Je découpe les mottes de terre, je place mes pinces, ensuite je replace la motte; après 8 jours plus rien n'apparaît. Cette qualité de travail constitue ma meilleure publicité.

N'y a-t-il vraiment aucun autre moyen aussi efficace que le piège?

J'en vois peut-être deux : le Jack Russel qui peut être un bon chasseur, mais parfois en faisant autant de dégâts que la taupe elle-même. Et... la bêche! Mais il faut alors du temps pour guetter l'apparition d'une taupinière, s'en approcher tout en douceur et avoir un peu de chance. Un petit truc au passage : ne tapez pas au premier mouvement, attendez que la taupe revienne une deuxième fois, elle sera alors plus proche du sommet du tas de terre.

Quels conseils donner à nos lecteurs?

D'abord, de réagir vite. Dès que vous observez un passage ou une taupinière, même déjà lorsque vous voyez que les taupes sévissent chez le voisin ou dans la prairie voisine, il faut intervenir. Sinon, les taupes s'installent, font des galeries et ensuite font des petits et alors là, c'est parti pour la gloire!

Mon deuxième conseil : protégez votre compost. Installez-le sur un béton ou protégez-le avec du grillage fin car le compost agit comme un énorme garde-manger pour les taupes qui sont donc vite attirées par les vers qui s'y trouvent en quantité.