Le patois a encore de l'avenir !

Sans faillir à la tradition, le cabaret wallon ellezellois a fait salle comble durant trois jours. Que ce soit les jeunes ou leurs aînés, tous aiment leurs racines !

Audrey Ronlez

On peut affirmer sans mentir que le devoir de mémoire est respecté à la lettre dans les collines ellezelloises. Ces vaillants Gaulois perpétuent dans la pure tradition orale la transmission de leur histoire locale de génération en génération.

En musique et dans la langue apprise de leurs ancêtres, les membres du cabaret wallon ellezellois s'en donnent à coeur joie pour canter les histoires bien trempées glanées au détour des rues du village ou dans les médias.

Autour d'une bonne Quintine, les jeunes et leurs aînés, les novices et les expérimentés, les hommes et les femmes, se retrouvent comme pour une veillée autour du feu ou à la lueur d'une chandelle. Et malgré cette ambiance plutôt traditionnelle et familiale, les sujets abordés en chanson n'en sont pas moins d'actualité. Ainsi, Eul grippe A de Sébastien Bossu était particulièrement dans l'air du temps, tout comme Eul don d'organes d'Idès Cauchie.

D'autres préfèrent partager leurs rêves et autres envies avec les villageois, comme Claude Van Nieuwenhuyse qui Aroûs bî volu îte'eun feûme ou dans un tout autre style la Majorette grosse dondon de Jean-Baptiste Deramée.

Les nostalgiques ne manquent pas non plus de conter leurs souvenirs, le temps où Hubert Van Rechem N'avoût nî d'ordinateur, l'Histoûre de famille de Jean-Marie Decouttere ou l'expérience des Aires de repos de Jean-Noël Deramée.

Les instants où l'on rit à larmes sont nombreux, mais au cabaret, on passe aussi par une kyrielle de sentiments. Que l'on décortique les bons moments passés ensemble (C'eut meilleû d'boûre é bon verre de Quintine de Jean-Marie Boussy), que l'on philosophe à l'image d'Hubert qui considère qu'J-a én-âge pou tout' ou que l'on pose des questions existentielles comme Jean-Marie Lenoir qui se demande encore Qu'ô ç'qu'on eut vnu faire par chi ? et Claude Ledoux s'interrogeant De dû c'qu'on vît et û c'qu'on va...

C'est aussi avec un immense respect et beaucoup d'émotion que la salle a accueilli la chanson Girouettes, écrite par Philippe Vanderhaegen, qui n'a malheureusement pas pu être sur scène cette année. Interprétée par Vincent Decouttere, elle a été très chaleureusement applaudie par toute l'assemblée.

Enfin, une chose est sûre, si vous aussi vous voulez perpétuer la tradition et que, comme Bernard Leleux, vous êtes Prêt'à r'keméchî, rendez-vous l'année prochaine !

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