Assises du Hainaut: une complicité semblait lier les époux

Les personnalités de l'accusée et de son mari ont été rapportées mercredi par les experts en psychiatrie et psychologie devant la cour d'assises du Hainaut, qui juge depuis mardi Carine Natalino, accusée de tentative d'assassinat sur son amant, D.C., le 3 janvier 2004, à Wodecq (Ellezelles).

Le suicide du mari, Philippe Delattre, qui aurait dû être aux côtés de Carine Natalino dans le box des accusés, a été évoqué par l'expert psychiatre: "On peut vraisemblablement traduire un souhait de punition envers son épouse", a déclaré le médecin.

Le bilan psychologique de Philippe Delattre permet d'établir un narcissisme et une surévaluation de soi qui entraînent une domination et peu d'empathie à l'égard d'autrui. Dans ce cadre s'inscrit un mode de fonctionnement paranoïaque avec un hypercontrôle assorti de crises d'impulsivité.

Selon le psychologue, des éléments anxieux sont présents au niveau psychologique de Carine Natalino, mais peu exprimés au niveau physiologique. "L'accusée ne présente pas de vécu dépressif", a-t-il indiqué en ajoutant que les tests mettaient en évidence une personnalité évitante et présentant peu d'estime de soi.

"Le contexte de paraphilie et sadomasochisme du couple, si l'essentiel est imputable à l'époux, s'inscrit dans un processus partagé où chacun des protagonistes trouve son plaisir", a précisé le neuropsychiatre.

Interrogée par le président sur la raison pour laquelle elle n'avait pas réussi, en plusieurs jours, à avertir les secours, alors que son mari lui faisait part de projets d'agression envers son amant, Carine Natalino a affirmé n'avoir pu échapper à sa vigilance à aucun moment.

"Il me suivait sans cesse et me menaçait", a indiqué l'accusée.