Assises du Hainaut: l'accusée avait servi d'appât, selon la victime

L'ancien amant de Carine Natalino, D.C., venu témoigner mercredi devant la cour d'assises du Hainaut, a déclaré être dans l'impossibilité d'établir où se situait l'accusée pendant la bagarre qui l'opposait au défunt mari de celle-ci, Philippe Delattre.

Pour rappel, Carine Natalino est accusée de tentative d'assassinat sur son amant, le 3 janvier 2004, à Wodecq (Ellezelles). Interrogé par le président sur la place que tenait l'accusée pendant la lutte que ce dernier menait contre son agresseur, il apparaît qu'il n'a pas aperçu Carine Natalino.

"Elle m'a attiré hors de la maison en me visant avec une arme. Puis, c'est son mari qui m'a agressé avec la même arme, alors que je m'étais réfugié dans ma maison", a précisé l'ancien amant. La victime, qui a eu un quatrième enfant avec son épouse depuis les faits, a déclaré avoir tiré un trait sur les événements du passé.

Selon l'épouse de la victime, K.N., lorsque Philippe Delattre lui avait annoncé l'adultère de son mari, il avait adopté une attitude arrogante. Carine Natalino adoptait, elle, une attitude réservée. "Elle a cependant avoué entretenir une relation adultérine avec mon mari, sous l'insistance de Philippe Delattre", a déclaré le témoin.

Le policier, qui avait géré la plainte déposée par la fille aînée de l'accusée à l'encontre de Philippe Delattre pour des attouchements, a déclaré avoir reçu des lettres à caractère privé de Carine Natalino pendant son incarcération. "Celles-ci étaient adressées à l'unité et je n'y ai jamais répondu", a affirmé le témoin.

D'initiative, Philippe Delattre et son épouse tentaient de se lier d'amitié avec l'enquêteur.

Un couple d'amis a confirmé le caractère quelque peu autoritaire de Philippe Delattre et la personnalité effacée, voire soumise, de l'accusée. C'est à eux que Philippe Delattre avait téléphoné pour les avertir du crime qu'il venait de commettre.

D'après un enquêteur, Philippe Delattre aurait effectué le tour du village pour vérifier quels riverains et amis avaient connaissance de son infortune conjugale. Apprenant que la plupart d'entre eux étaient au courant, il leur aurait fait part de son mécontentement devant leur silence.

Me Discepoli, conseil de l'accusée, a fait état des déclarations de Philippe Delattre aux policiers, dans lesquelles il concédait qu'il avait à plusieurs reprises et pour différents motifs levé la main sur Carine Natalino.