Sauver la « chapelle à Cailloux »

Sentinelle moribonde devenue sujet de bien des conversations, la « chapelle à cailloux » va prochainement retrouver tout son lustre d'antan.

Philippe Vandevoorde

Seule en pleine campagne, la « chapelle à cailloux » semble veiller sur le hameau du Trieu à Staques. Bien que bâtie sur le territoire de Wodecq, la chapelle fait partie de la paroisse Saint-Antoine de Padoue du Grand Monchaut, hameau d'Ellezelles tout proche.

Comme l'indique à l'intérieur une pierre et, bien que reconstruite en 1897, c'est à la fin du 17e siècle que cette chapelle fut érigée sur un terrain appartenant à la famille Deportemont. Elle est dédiée à Notre-Dame du Mont Carmel. On y venait « servir » pour les maladies de la peau. Comme les champs qui l'entourent sont parsemés de cailloux, elle a pris tout naturellement le nom de « chapelle à cailloux » .

Sa lente agonie Suite aux héritages successifs, les nombreux descendants de deux familles, Loix et Jouret, se partagent pour moitié chacune sa propriété. Malheureusement, cette multitude de propriétaires jouera en sa défaveur. Depuis de nombreuses années, lentement mais sûrement, faute d'attention, la chapelle se délabre.

A plusieurs reprises, la commune d'Ellezelles, les fabriques d'église furent interpellées par de nombreux personnes amoureuses du patrimoine local (d' Ellezelles et de la région) sur la situation agonisante de l'édifice. Malheureusement, n'étant pas propriétaires, elles ne pouvaient s'ingérer dans ce dossier.

Pour Serge Maucq, qui a toujours été très soucieux du patrimoine dans ses fonctions locales, il était grand temps de faire quelque chose pour sauver ce bâtiment.

« Depuis pas mal d'années, j'entendais parler autour de moi de cette chapelle et comme d'autres, j'avais envie de faire quelque chose. Cela faisait mal au coeur de la voir ainsi se déteriorer mais aucun projet vraiment concret n'avait vu le jour pour la protéger et la rénover. A force d'entendre et d'en parler, j'ai été convaincu qu'il fallait passer à l'acte. En effet, je pense que les racines sont importantes dans la vie de chacun d'entre nous et que le respect du patrimoine, qu'il soit religieux ou non, qui nous a été transmis est une "valeur" significative à transmettre aux générations futures. Même s'il n'est pas possible de tout garder, ce qui est sûr c'est que lorsqu'il y a un courant suffisant d'attachement et que c'est réaliste il faut y aller . »

Le premier pas

Serge Maucq s'est donc mis au travail. Il a pris contact avec les propriétaires qui veulent bien céder la chapelle à la fabrique d'église du Grand Monchaut pour l'euro symbolique. Celle-ci se dite prête à en assurer l'entretien. Mais il reste d'abord un grand défi à relever à savoir mener à bien sa restauration car,seule, la fabrique du Grand Monchaut ne peut mener à bien ce projet de rénovation d'un édifice érigé aux confins de Lahamaide, Ellezelles et Wodecq.

Contact : Serge Maucq, Quatre Chemins 15, 7890 wodecq ou s.maucq@dominicains.be