De l’arrière-cuisine aux 80 000 auditeurs

Trois fois par an, Mona FM s’ouvre au publicpour dévoiler des studios ultramodernes. Une radio fière de son histoireet de son indépendance.

Marie-France Philippo
De l’arrière-cuisine aux 80 000 auditeurs
Visite Mona FM ©EdA

Grâce à l’office du tourisme d’Armentières, il est possible de visiter les studios de Radio Mona FM, fréquence 99,8. Très écoutée des deux côtés de la frontière, la radio est réputée pour sa programmation de chansons populaires.

Le directeur Rudy Gruson se charge en personne de la visite des locaux, situés rue Colbert à Armentières. «Selon le CSA, nous tournons autour de 80 000 auditeurs, avec trois antennes, à Lille, Lens et Arras. Nous avons un public de tous les âges bien que notre cœur de cible soit centré sur les 50 ans. Face à la concurrence, il est indispensable de se définir un public-cible».

La radio est une entreprise tout à fait privée: «J'ai toujours refusé toute subvention afin de rester indépendant. Nous devons payer le salaire d'un directeur de programmation, cinq animateurs, trois journalistes, un commercial, etc. Sans compter le matériel informatique, qui coûte cher et doit être renouvelé très régulièrement. Rien que les trois émetteurs nous coûtent 7 500€ par mois! Notre budget mensuel est de 35 à 40 000€.»

Sept minutes de pub par heure

Côté recettes, Rudy Gruson compte sur la publicité «Depuis 1999, la radio est entrée dans le groupement des indépendants pour la diffusion de messages publicitaires à l'échelon national. Actuellement, dans la tranche horaire 7/19 h, nous avons droit au maximum à 7 minutes par heure. Nous passons des publicités nationales, mais surtout régionales, qui sont réalisées dans des studios parisiens. Au début, nous enregistrions les publicités sur place, mais c'est aujourd'hui un vrai travail d'artistes, que nous préférons sous-traiter».

Côté musique, la radio possède un directeur de programmation: «C'est indispensable pour varier les chansons. Au début, quand les animateurs étaient bénévoles, ils programmaient surtout des chanteurs qu'ils appréciaient. Résultat, on avait parfois deux heures du même artiste! Quand on a 80 000 auditeurs, il faut contenter la majorité; tout en restant toujours dans le créneau de la chanson populaire.»

La radio donne des flashs d'information: «De l'info nationale, mais surtout de l'information régionale. Les journalistes sont chargés de faire une synthèse de ce qu'ils jugent le plus important. Nous visons surtout les aspects pratiques: la météo, le radioguidage, les accidents, les fêtes, etc. Nous pouvons aussi décrocher les fréquences, pour les infos, mais aussi pour les publicités: un fait qui intéresse les Lillois ne concerne pas forcément les Arrageois».

Pour l'heure, le directeur entend consolider plus que de s'étendre: «Le métier est fort évolutif. Il faut sans cesse être à l'écoute des auditeurs. J'ai surtout envie de faire briller l'image de Mona FM, qu'elle soit dynamique et bien loin de la''radio accordéon'' que certains ont gardée. Voilà le pari actuel».

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