La majorité MR-Écolo dans le coma : Olivier Hartiel bourgmestre de Chièvres?

Le divorce entre MR et Écolo semble inéluctable, à Chièvres. Des bouleversements devraient vite survenir. Olivier Hartiel devrait redevenir bourgmestre.

Stéphane Bonge
La majorité MR-Écolo dans le coma : Olivier Hartiel bourgmestre de Chièvres?
Dans tous les cas, si renversement de majorité il y a, Olivier Hartiel (re)deviendra le prochain bourgmestre de Chièvres. ©ÉdA

La coalition turquoise mise en place à la sortie des urnes -" un mariage contre nature" comme le qualifiait Olivier Hartiel (PS)– semble tourner court. L'entente au sein de la majorité montre depuis de nombreux mois déjà des signes de fractures importantes entre les partenaires MR et Écolo. La modification du pacte de majorité paraît bien sur les rails.

Le non-soutien (le désaveu?) de l’échevin Frédéric De Weireld par le MR dans le dossier de réaménagement du sentier 99, le récent vote négatif de l’échevin des Travaux (Frédéric De Weireld) empêchant la modification du Règlement d’ordre intérieur régissant le fonctionnement du conseil communal et les récents griefs exprimés par Écolo lors du vote de la modification budgétaire représentent quelques-uns des nombreux désaccords opposant les verts et les libéraux. Une succession de heurts qui ne peut déboucher que sur un divorce, tant le "vivre ensemble" semble devenu impossible.

Changement imminent

Le paysage politique chiévrois ne laisse que peu d’alternatives: soit une alliance PS-MR, entraînant de facto un changement de maïorat, soit une coalition PS-Écolo et ce, malgré les divergences passées.

Dans le premier cas, il faudrait dès lors que Claude Demarez, le bourgmestre MR actuel, accepte de céder la place à Olivier Hartiel malgré ses 230 votes de préférence supplémentaires. Il n’aurait pas le choix puisque les dernières élections ont vu le PS remporter 41,47% des voix devant les 38,25% du MR. Hormis le jeu des chaises musicales qui risquent de faire grincer les dents de certains élus, la position des instances du MR devant la perte d’un maïorat devrait également compter.

Seconde alternative: une alliance entre les socialistes et les verts. Dans ce cas, on ne peut s’empêcher de repenser aux nombreux désaccords qui ont émaillé la mandature précédente. Ajoutant à cela le travail de sape entrepris par le PS à l’encontre d’Écolo en général, et de l’échevin des Travaux Frédéric De Weireld plus particulièrement, on peut également s’interroger sur les chances d’une telle alliance dans la durée.

Qui? Comment?

Ce week-end, les lignes ont toutefois bougé. Des contacts ont été établis et diverses réunions se sont tenues au sein de chaque parti. On a même noté (coïncidence?) la présence de l'Athois Bruno Lefèbvre venu effectuer une balade au week-end Chièvres en Hiver, dans son ancienne commune (nota bene: à Ath, les trois partis, PS, MR, Écolo, sont associés).

Tout semble annoncer des changements. Lesquels? Il est actuellement difficile de le savoir tant chacun reste discret.

Tant au MR que chez Écolo, on qualifie la situation de "compliquée", mais on se refuse d’évoquer les négociations en cours tout en reconnaissant à demi-mot que la situation ne peut perdurer et que changement il y aura.

Du côté du PS, Olivier Hartiel n’était pas joignable ce dimanche soir car... "occupé en réunion". Des réunions qui devraient se multiplier dans les jours à venir. Il y a fort à parier que les socialistes, maîtres du jeu, n’en rateront aucune. Faut-il s’attendre aussi à des négociations à un autre niveau de pouvoir que communal? On peut le penser.

En tout état de cause, le renversement de majorité entraînerait une redistribution des cartes dans le pilotage de la Ville de Chièvres. Outre la fonction de bourgmestre et la présidence du CPAS, les compétences échevinales devraient elles aussi être remaniées en grande partie. Quels que soient ces changements, il reste à espérer qu’ils interviennent rapidement pour le bien de Chièvres et de ses habitants qui sont en droit d’attendre un pilote dans l’avion.