Une cité médiévale sans nulle autre pareille

Un week-end durant, Provins s’est replongé dans son riche passé médiéval. D’Orient en Occident, les visiteurs ont été transportés hors du temps.

Stéphane BONGE
Une cité médiévale sans nulle autre pareille
Le temps d’un week-end, la ville de Provins a retrouvé l’effervescence de ses foires, avec ses hôtes de Chièvres. ©ÉdA – 301161894597

Ce week-end, Provins, ville de Seine et Marne (F) située à 100 km de Paris, revêtait ses habits de fête. Pour la 33e année consécutive, la cité des Comtes de Champagne célébrait avec faste sa splendeur d’antan et son riche passé médiéval. Le thème de cette édition: «Voyages et découvertes».

Quoi de plus normal pour une Ville qui a vu Thibaut IV, son illustre suzerain, vassal de Saint-Louis, revenir des croisades tout auréolé de gloire, avec dans ses bagages, selon la légende, ce qui fait encore aujourd’hui la fierté des habitants: la rose de Provins.

Quoi de plus normal également en raison de la position commerciale stratégique qu'occupait Provins lors des XIIe et XIIIe siècles… À l'époque, les foires de Provins, appelées Foires de Champagne, étaient renommées à travers le monde et incarnaient le carrefour commercial pour de nombreux marchands européens: Flamands, Lombards, Catalans et même orientaux s'y retrouvaient trois fois l'an, en mai, juin et septembre pour des foires d'une durée de deux à trois semaines.

Célèbre pour son industrie drapière et son drap de laine foncée, le ners ou nerf de Provins, la cité frappait également sa propre monnaie, le denier provinois, reconnu à travers toute l'Europe médiévale pour sa grande valeur financière. L'ancêtre de l'Euro en quelque sorte…

Senteurs du monde

Ce nœud du commerce européen, que représentait Provins, permettait aux négociants d’alors de vendre et d’acheter des produits de provenances et aux senteurs multiples.

Près de 3 000 artisans provinois y proposaient aussi un savoir-faire reconnu qui favorisa l’essor de la cité. Les banquiers ne s’y trompèrent pas, investirent la place et Provins prospéra durant plus de 2 siècles. Peu à peu pourtant, au gré des luttes d’influence, des guerres intestines et des mariages de raison, qui verront Paris reprendre une position dominante, Provins rentrera dans le rang et s’endormira tout en prenant soin de préserver ses trésors architecturaux.

Le temps d’un week-end, la Ville a retrouvé l’effervescence de ses foires, permettant ainsi aux nombreux visiteurs de se replonger dans l’univers multicolore du Moyen Âge. Troubadours, ménestrels, chevaliers, gentes dames, cracheurs de feu, jongleurs et bateleurs, tout était réuni pour revivre quelques pages importantes de l’histoire de France.

À travers de véritables reconstitutions historiques, les spectateurs ont pu découvrir des marchands venant de la route de la soie, entrer dans une tente berbère, se familiariser avec l’art de la guerre et de la chevalerie, écouter les peurs et croyances de l’époque tout en dansant sur les musiques du monde.

Cette manifestation, qui fait de Provins la 1re foire médiévale de France, nécessite, chaque année, dix longs mois de collaboration entre tous les corps de métiers, les associations et les nombreux bénévoles passionnés d’une Ville qui a basé son développement économique sur son patrimoine matériel et immatériel. À voir et à revoir!