Schmidt émerge d’une lutte arc-en-ciel

Le TMC 2016 s’est conclu par une lutte entre champions du monde. Celui du contre-la-montre l’a emporté sur celui de la course aux points.

Denis Vanderbrugge
Schmidt émerge d’une lutte arc-en-ciel
Triptyque divers ©ÉdA – 30981176378

Le Triptyque des Monts et Châteaux ne pouvait sans doute pas rêver plus beau palmarès. Dimanche, il s’est en effet conclu sur une lutte à couteaux tirés entre deux champions du monde: le Danois Mads Würtz Schmidt qui est champion sur le chrono dans la catégorie des espoirs, et le Britannique Jonathan Dibben, couronné sur la course aux points.

Le premier cité, avait pris le pouvoir samedi soir sur les contreforts de l’Enclus. Schmidt savait toutefois que sa tunique jaune allait lui être contestée jusqu’au bout par Jonathan Dibben que l’épreuve frasnoise connaît bien. Le pistard du Team Wiggins, auréolé d’un titre mondial à Londres, a tenu promesse. Pendant toute la dernière journée de ce Triptyque, il a harcelé son rival danois. Dès dimanche matin, sur le chrono de 10 km disputé autour de Chièvres, Jonathan Dibben est, comme en 2014, arrivé bien à l’heure. Schmidt se classait cinquième, lui concédant six petites secondes. Ce qui lui permettait de garder la main pour neuf secondes au général.

«J’ai beaucoup souffert»

Comme l’étape de l’après-midi en offrait dix au vainqueur, on savait l’équation très simple pour Dibben. Il fallait gagner, et prier pour que Schmidt ne termine pas dans le Top 3. Sur les 90 km entre Tournai et la «cité des Aviateurs», le pistard a tout fait pour y parvenir. Il a cependant eu affaire à un maillot jaune bien décidé à le marquer à la culotte afin de conserver son précieux.

Dans les derniers hectomètres de l'épreuve, Schmidt répondait bien à une accélération de Dibben pour finalement exulter sur la ligne d'arrivée. Sûr de lui, Schmidt levait les bras. Mais les commissaires devaient analyser la photo-finish pour confirmer son second succès d'étape en deux jours. «J'ai beaucoup souffert lors du contre-la-montre ce matin (NDLR: lisez hier matin), confiait-il sans véritable enthousiasme. J'ai eu beaucoup de mal à trouver le bon rythme. J'ai dû me battre pour finir à cette cinquième place. L'objectif sur la deuxième étape de la journée était de conserver ce maillot. Pour ce faire, je n'avais qu'un homme à surveiller: Dibben. Je suis donc resté dans sa roue. Quand il a attaqué dans le final, j'y suis allé. Et c'est finalement lui qui m'a emmené jusqu'à ma deuxième victoire d'étape. Je dois le remercier pour ça.»

La boutade lancée, le Danois en revenait à l'analyse de sa prestation: «Je ne m'attendais pas à gagner l'étape, reprenait-il. Je ne suis pas vraiment un sprinter. J'ai juste pris ma chance et ça a marché! Pour gagner ici, je sais qu'il faut être très fort et complet. C'est simple: pour gagner le Triptyque tu dois être bon en tout. Mais quand tu le gagnes, c'est aussi parce que tu as pu compter sur une bonne équipe. La mienne m'a bien aidé aujourd'hui en contrôlant parfaitement les débats .»

Après le Luxembourg et Jungels en 2012, le Portugal avec Silvestre en 2013, la Grande-Bretagne avec Doull en 2014, la France avec Calmejane l’an dernier, le Danemark s’inscrit au palmarès d’un Triptyque qui s’internationalise.