Des ambulanciers sans ambulance depuis 2008!

Attendant leur véhicule depuis huit ans, les ambulanciers du service incendie chiévrois s’impatientent. Ils veulent des réponses.

Stéphane BONGE
Des ambulanciers sans ambulance depuis 2008!
Ath 14/03 Chièvres Ambulanciers en colère ©ÉdA – 30924120805

En 2008, le service incendie chiévrois connaissait une profonde mutation, passant ainsi d’une organisation communale (corps C) à celle d’une zone régionale (corps Z). Afin de répondre au mieux aux normes en vigueur, il avait été demandé aux sapeurs pompiers de suivre une formation d’ambulancier, ce que bon nombre d’entre eux avaient accepté. En contrepartie, la caserne devait être dotée d’une ambulance. Depuis lors, chaque nouvelle recrue est d’ailleurs formée pour les deux fonctions, celles de pompier et d’ambulancier.

Huit années ont passé. L’eau a coulé mais, telle sœur Anne, les pompiers ne voient toujours rien venir.

Tant que le matériel, et donc son financement, ne dépendait que de la seule commune, ils ont patienté, se rangeant aux arguments des bourgmestres successifs qui estimaient que le fonctionnement d’une ambulance représenterait un gouffre pour les finances communales.

Depuis, cependant, on sait que l’organisation des services incendie a changé; ceux-ci sont regroupés en zone. Chièvres a intégré la zone Hainaut centre dont le fonctionnement est financé par l’ensemble des communes desservies. Bien qu’une mutualisation du matériel spécifique soit logique et nécessaire, il était toutefois prévu que chaque service incendie soit doté d’une ambulance.

Avertir la population

Dans la zone Hainaut centre, trois en sont dépourvus: Binche, Saint-Ghislain et Chièvres. Si les deux premiers ont des accords, soit avec le privé soit avec une infrastructure hospitalière, reste le cas de Chièvres où les 24 ambulanciers effectuent leur service dans les casernes de Dour et Quiévrain…

Une fois encore, lors des éternels discours (et promesses…) de la Sainte-Barbe, on leur avait affirmé que l’ambulance était en route et qu’elle se garerait prochainement sous le sapin de Noël. Une fois encore, le sapin a disparu sans que le père Noël n’ait montré le bout de son nez, selon les pompiers de Chièvres. Si l’absence du véhicule représente l’essentiel du courroux des ambulanciers, l’absence de réponses claires les énerve tout autant.

Désabusés et en colère, certains ambulanciers, désirant rester anonymes pour le moment par crainte de sanction, nous ont contactés afin d’être leur relais auprès de la population, soit quelque 15 000 citoyens des entités de Brugelette, Chièvres et Lens, auxquels s’ajoute, durant l’ouverture de Pairi Daiza, un nombre équivalent de touristes. Avec une moyenne sur ce territoire de quelque 7 à 8 interventions journalières, la disponibilité de l’ambulance chiévroise favoriserait des interventions plus rapides, les ambulanciers étant de garde 24 h sur 24 en caserne, prêts à prendre la route dans les deux minutes. Ils signalent ainsi que, récemment, c’est une ambulance de Leuze qui a dû intervenir à Chièvres.

Face à cette situation, l’incompréhension s’accentue encore puisqu’ils savent que la zone a racheté six ambulances à la Croix rouge de Belgique, des véhicules en bon état mais immobilisés dans des garages de Soignies et de La Louvière.