Une gestion plus durable du cours d’eau doit être envisagée

Si les solutions mises en place à l’heure actuelle semblent fonctionner, l’échevin Didier Lebailly préconise quand même une méthode plus douce.

PF
Une gestion plus durable du cours d’eau doit être envisagée
Chièvres- supplément Hunelle ©JN Gosselin

Dans son étude réalisée au début de l’année 2015, ARCEA pointait du doigt les changements de niveaux d’eau soudains et anarchiques des bassins du château de Belœil, mais il proposait aussi une série de solutions, parmi lesquelles l’installation d’une zone d’immersion temporaire (ZIT). «Il s’agit d’un terrain agricole qui garde les eaux de manière temporaire et qui va tamponner les variations de débit de la rivière et par conséquent limiter les inondations dues aux crues» explique Didier Lebailly, échevin de l’environnement. « Mais c’est une solution très radicale. Il faut savoir que l’installation d’une ZIT coûte cher et est payée par le contribuable. Sur le long terme, la ZIT peut fragiliser en plus les berges du cours d’eau. Je ne suis pas contre, mais je pense qu’il faut analyser l’évolution de la situation dans les mois à venir, surtout depuis que le curage a été fait et qu’un accord avec le Prince a été trouvé. Tant que nous pouvons l’éviter, on l’évite.» Si le projet se réalise, la zone d’immersion temporaire pourrait être créée sur le terrain agricole situé entre l’ancienne tannerie de Belœil et les Ets Lambert, avant l’arrivée de la Hunelle dans Chièvres.

Une alternative plus durable

Au mois de septembre dernier, lors du curage de la Hunelle, les ouvriers de l’entreprise Moulard ont sorti les gros moyens. Le cours d’eau n’ayant plus été entretenu depuis plus de trente ans, les ouvriers ont procédé à un curage sur vif fond, c’est-à-dire à l’aide d’une pelleteuse, qui ramasse tout sur son passage. Il est évident que le curage était indispensable vu l’état dans lequel le cours d’eau avait été laissé, toutefois la méthode utilisée pour celui-ci était trop violente et trop peu durable, selon l’échevin de l’environnement. «En tant qu’environnementaliste, ça m’a fait beaucoup de mal de voir et d’entendre ces machines agresser le cours d’eau et ses berges. Cette technique n’est pas durable et ne respecte pas la nature. Je pense qu’il faudrait privilégier une intervention plus douce et surtout plus fréquente, afin d’éviter que les éléments s’accumulent à nouveau. » Cependant, une gestion plus durable du bassin de la Hunelle implique naturellement un coût financier et humain. «Intervenir plus souvent sur le cours d’eau demande du temps, de la vigilance et du personnel. Il faut mettre en place une politique plus vigilante et passer de temps en temps avec une tronçonneuse pour enlever petit à petit les éléments qui dépassent des berges et pourraient obstruer le passage de l’eau. Mais programmer et anticiper sont malheureusement des mots souvent inconnus dans les communes.»