La pluie n’a pas eu raison d e l’enthousiasme des crosseurs !

Les crosseurs s’en sont encore une fois donné à cœur joie ce mercredi des Cendres. Parés de leur rabot, ils ont titillé la chôlette durant tout l’après-midi.

Pauline FOUCART

Ils étaient plus de 1 800 crosseurs ce mercredi dans les rues de Chièvres et Vaudignies à s'adonner à leur jeu médiéval favori: le crossage al'tonne. Malgré une météo capricieuse, les amateurs de «chôlettes» s'en sont donné à cœur joie durant tout l'après-midi. Déguisés, maquillés ou emmitouflés dans leurs vêtements d'hiver, les habitants de Chièvres et Vaudignies se sont réunis pour célébrer «le plus grand moment de l'année ».

«Un grand cru !»

Le crossage remonte à l'époque médiévale. Le crosseur frappe dans une chôlette (balle en bois) à l'aide d'un rabot (une crosse) en direction d'une tonne (un fût). Celui de Chièvres s'est encore une fois démarqué des autres par son nombre de participants et de buvettes. «On peut dire que cette année est un très grand cru », s'enthousiasme Valérie Desmarlière, la présidente de l'office du tourisme de Chièvres. «Avec 1 850 inscrits, nous dépassons le chiffre de l'année dernière. Les participants américains sont aussi plus nombreux. On en compte 170, soit vingt de plus que l'an dernier. Quarante tonnes ont été placées devant les cafés des deux villages, ce qui démontre une grande participation de la part des commerces et cafetiers. C'est encore une fois un réel plaisir de voir la population s'amuser autour de ce jeu. »

Un moment de réunion

Pas étonnant que cette tradition plaise; elle rassemble en effet tous les ingrédients d'une recette réussie: des amis, un verre ou plus, et un peu de «sport», car il faut l'admettre, le crossage c'est aussi un jeu d'adresse. «Chièvres est la capitale du crossage, c'est bien connu. C'est le plus grand moment de l'année pour les Chièvrois, qui attendent de se réunir ce mercredi des Cendres. C'est un véritable plaisir que de voir les commerces qui se préparent, décorent leur tonne ou leur devanture. Et puis, nous organisons ce crossage dans le respect des traditions et des règles. » Chièvres et Vaudignies font en effet partie des rares villages à pratiquer le crossage avec une chôlette en bois.

«Chôlette!»

Le jeu n'est cependant pas sans risque. Même si les crosseurs doivent crier «chôlette!», avant de tirer, ils doivent aussi se munir d'une assurance. «L'assurance est obligatoire, car cela arrive qu'il y ait des accidents.»

Les crosseurs sont en tout cas unanimes sur une chose: ils se donneront à nouveau rendez-vous l’année prochaine au même endroit le jour du mercredi des Cendres.