Chièvres: l'apparence d'un fleuve tranquille...

2012 a redistribué la donne: le cdH a passé, le MR était en attente, mais le PS a finalement emballé Écolo. Depuis, la majorité gère la partie.

S.B.
Chièvres: l'apparence d'un fleuve tranquille...
mi-mandat chièvres ©EdA

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Au sortir des urnes, le statu quo, annoncé par d'aucun, s'est en fait mué en un bouleversement du paysage politique chièvrois. Si les deux partis de la majorité sortante, PS (9 sièges) et MR (5), se voyaient confortés et emportaient chacun un siège supplémentaire, le cdH (3) se révélait le grand perdant en n'obtenant aucun strapontin. Il était même dépassé par Écolo qui décrochait un siège pour la toute première fois.

Chièvres: l'apparence d'un fleuve tranquille...

Au-delà de ce premier revirement, les résultats du scrutin allaient dans le même temps provoquer une certaine ébullition dans les rangs mêmes du PS. Le bourgmestre sortant, Michel Miroir (830 voix), était en effet débordé par Bruno Lefèbvre (984 voix), ce dernier emportant de facto l'écharpe maïorale. Dans la foulée, un imbroglio dans le clan socialiste provoquait le départ de Michel Miroir, faisant ainsi place à une équipe singulièrement rajeunie. Fin 2014, cette crise se clôturait par le passage de Pierre Miroir dans les rangs du MR, figeant ainsi la répartition des forces en présence actuelle: une majorité à 10 sièges (PS 9 et Ecolo 1) pour une opposition libérale comptant les 7 sièges restants.

Représentant 51% des Chièvrois, le PS aurait pu choisir d'y aller seul. Il a finalement opté pour l'ouverture de sa majorité en accordant notamment à Écolo la gestion du développement durable, de la ruralité et de la mobilité. Offrant une majorité représentative de 60% des citoyens, le PS pouvait aussi gérer l'ensemble des postes clés de la Ville. Depuis, la majorité mène la danse et les dossiers avancent avec un Bruno Lefèbvre toujours à la manœuvre. Il l'avait dit: « je ne ferai pas que de la coordination ; je serai un bourgmestre qui rentrera dans tous les dossiers! », et il s'y tient. Même si, depuis lors, de nouvelles fonctions politiques le définissent comme bourgmestre empêché, il est toujours bien présent -omniprésent disent certains- et sa sphère d'influence élargie ne peut que bénéficier à la Ville.

Du côté MR, si les libéraux ont opté pour une opposition constructive, ceux-ci n'en restent pas moins attentifs à d'éventuels faux pas et marquent occasionnellement leur désaccord. Les marges de manœuvre des communes étant singulièrement restreintes et la majorité évitant de prêter flanc aux critiques, le rôle de l'opposition est particulièrement ingrat pour l'instant et on sent poindre de temps à autre une certaine frustration.