Le « mètre » communal en question à Chièvres

Les zones «tampon» et le «mètre» communal sont réglementés. Un courrier communal a été adressé aux agriculteurs pour le leur rappeler. Réactions.

Stéphane BONGE
Le « mètre » communal en question à Chièvres
Ath .../06 Chièvres Le mètre communal ©ÉdA

Fin mars, l’administration communale adressait aux agriculteurs un courrier rappelant leurs obligations en termes de respect des zones «tampon», le long des voiries entre autres. Légalement, le mètre situé de part et d’autre d’une route appartient au domaine public et il y est donc interdit, comme le prévoient les normes de la Politique Agricole Commune, de les utiliser à des fins agricoles.

Dans le cadre du règlement communal sur la protection de la biodiversité, cette lettre stipulait également l'interdiction d'utiliser des herbicides sur les bords de route, fossés ou surfaces privées s'écoulant directement dans les filets d'eau. Elle concluait: «Ce courrier fera office de dernier rappel. Toute infraction constatée à l'avenir fera l'objet de sanctions appropriées».

Lors d'un récent conseil communal, Michel Jean, conseiller MR, interpellait l'échevin de l'Environnement, Didier Lebailly, et estimait que les agriculteurs étaient encore une fois stigmatisés alors que «certaines plantations ou haies se trouveraient sur le terrain communal, par exemple à la rue Auguste Criquelion où des espèces invasives empiètent sur la voirie et atteignent une hauteur excessive.»

Dans la foulée, il jugeait bon que soient définis les chemins de remembrement agricole et la voirie communale existante avant remembrement et de préciser lesquelles étaient soumises au mètre communal. Il concluait ainsi son intervention: «Si la Ville devait récupérer ce mètre communal, elle hériterait de la surface d'un zoning industriel, sans aucunes retombées économiques; en outre, un entretien supplémentaire viendrait se greffer à celui qui n'est pas toujours fait en temps opportun!»

Valable pour tous

Du côté de l'administration communale, outre la réponse apportée par Bruno Lefèbvre (bourgmestre empêché, PS) quant à la problématique spécifique du remembrement, Didier Lebailly (échevin, Écolo) a tenu à repréciser les raisons de ce rappel. Il déclare ne pas pointer du doigt les seuls agriculteurs: «Loin de là! Mais on remarque que le mètre communal et les zones tampon ne sont pas toujours respectés et ce, malgré les diverses sensibilisations communales, tant vers les citoyens – vers qui un nouveau dépliant partira bientôt – que vers les agriculteurs responsables de pulvérisation de plus grandes zones.»

Enfin, il a rappelé que l’utilisation des produits phytos est nocive tant pour la santé des agriculteurs que pour celle des riverains et des consommateurs. Pour l’échevin, le respect du mètre communal garantit également l’assise de la voirie, mise à mal par des labours trop proches, et réduit les écoulements boueux en provenance des champs. Le fauchage tardif participerait en outre à contrer ces effets tout en protégeant flore et faune.

Il conclut: «L'environnement a tout à gagner dans le respect des zones refuge et sera, au contraire, reconnaissant à tous ceux qui plantent des haies indigènes, représentant des écosystèmes particulièrement riches.» À charge pour eux de respecter les distances réglementaires et les entretiens réguliers.