« Le crossage c'est notre folklore»

La tradition est aujourd'hui bien connue : le mercredi des Cendres, les Chièvrois crossent! Une coutume qui ne perd pas de sa valeur...

Lisa GLENN

Le crossage, c'est une véritable institution à Chièvres. «Binche a son carnaval, Mons a son Doudou et Chièvres a son crossage, c'est notre folklore», sourit Patrick Smet du comité d'organisation. Chaque lendemain de Mardi Gras, la cité des aviateurs se met à l'heure de la fête. Dès midi, les différents groupes de crosseurs envahissent le centre-ville et les rues avoisinantes pour battre la cholette. «Je ne le cache pas; chaque année, j'attends cette journée avec impatience!» Membre de la fanfare de Chièvres, Patrick Smet a rejoint pour la première fois cette année le comité des crosseurs. Pour l'occasion, il a revêtu la traditionnelle veste bleue et le foulard rouge du crosseur. Le Chièvrois est toujours ravi du nombre de participants. «Il faut savoir que l'on crosse aussi à Vaudignies; en tout, il faut compter plus ou moins mille personnes qui crossent dans l'entité!» Tout ce beau monde a parcouru les rues de la cité à la chasse à l'tonne. «Cette année, on compte vingt buvettes rien que dans la ville de Chièvres», souligne Patrick Smet.

Les Américains de la partie!

Le crossage est une activité propre aux Chièvrois, mais pas uniquement! «Nous venons de Braine-le-Comte et d'Ellezelles», confient les membres des «Trombiniols». «Nous sommes des habitués du crossage, c'est l'occasion de passer l'après-midi entre amis.» Les Montois étaient également de la fête ce mercredi. «Les clubs sportifs se mettent aussi à l'heure du crossage! Pour notre part, nous installons une grande buvette qui est le point de rencontre des étudiants de la faculté polytechnique de Mons», explique le responsable du judo club, Mario Di Loreto. La commune de Chièvres est aussi connue pour sa base militaire américaine; pour les natifs du pays de l'oncle Sam, le crossage est un sport inhabituel, mais exceptionnel. «Pour nous, Américains, le crossage fait partie de la culture de la région. Toutes les personnes qui habitent Chièvres ou les environs doivent connaître cette fête! C'est la première fois que nous participons au crossage, mais sûrement pas la dernière. Les règles du jeu ne sont pas compliquées, c'est un peu comme le golf, ça nous permet de travailler notre swing », racontent les membres du «Texas Team». «Nous sommes fiers de compter cette année près de quatre-vingts crosseurs américains venant de la base militaire de Chièvres, mais aussi du SHAPE, à Casteau», souligne le nouveau membre du comité. Certains Américains retournés au pays sont néanmoins restés attachés à la tradition. «J'étais ravi d'apprendre qu'un couple d'amis de Californie avait choisi de revenir en vacances en Belgique au moment du crossage», confie Patrick Smet.