Escanaffles : plébiscitée par les écoles, la ferme des Aulnes ne demande qu’à grandir (vidéo)

Petit havre de paix " perdu " dans la campagne celloise, la vieille bâtisse et son écrin de verdure accueille des jeunes depuis 18 ans. Elle pourrait se développer autour d’activités sur intergénérationnelles et l’emploi.

Antoine Pontrandolfi

Au détour d’une petite route de campagne, perdu dans la nature, la ferme des Aulnes se dévoile.

Elle n’est pas une exploitation agricole comme les autres, contrairement à de nombreuses bâtisses voisines. Depuis 2004, plusieurs générations d’écoliers de Celles, Tournai, Namur ou Bruxelles y ont séjourné, à la découverte de la nature et d’un havre de paix qui semble figé dans le temps.

Pêche, balade à dos d’âne (le vrai, pas celui qui fait pester les automobilistes), fabrication de pain artisanal ou de cabane dans les sous-bois: Isabelle Moyard et les bénévoles de la ferme des Aulnes ont vu passer des milliers d’élèves et des centaines d’instituteurs et d’institutrices.

Et dire que ce projet pédagogique est né d’un hasard, d’une rencontre entre la propriétaire de la ferme, une enseignante et une psychologue lors d’une formation. "On souhaitait créer du lien pour les enfants. au travers d’activités à la ferme", se souvient Isabelle. "On a reçu des classes de maternelle, de primaire, de secondaire, des écoles spécialisées aussi. Les activités (au nombre de 25 aujourd’hui) sont à prétexte à développer le relationnel, le vivre ensemble et un contact privilégié avec la nature. "

Au fil du temps, la ferme des Aulnes a évolué, grâce notamment à tous les enseignants qui sont passés avec leurs classes, pour une journée ou un séjour plus long, en passant par la case dortoir.

« Tout le monde n’a pas accès à la nature »

En ne se cantonnant pas à un seul public, la structure n’a jamais touché un euro d’aide publique, mais ça ne l’a pas empêché de se développer. "Tout le monde n’a pas accès à la nature. Ça peut sembler difficilement concevable pour les enfants scolarisés à Celles, mais c’est une réalité", estime Axelle Chantry, échevine de l’environnement, du tourisme et du PCDR "C’est aussi pour ça que la ferme joue un rôle important. La commune en est consciente."

Depuis la première classe il y a 18 ans, la longévité de la ferme des Aulnes (et de ses mascottes à poils ou à plumes) n’est plus à prouver. Comme toute structure qui arrive bientôt à sa troisième décennie d’existence, il faut parfois évoluer pour garder le feu sacré. "Les enfants gardent toujours un souvenir de la ferme, ils en reparlent en classe pendant l’année scolaire. Mais on voulait rendre le lieu plus intergénérationnel. "

Un lieu de rencontre et de partage

Récemment, la ministre de la Ruralité et son équipe ont lancé un appel à projets "Tiers-Lieux ruraux", en vue d’assurer à la ruralité un développement durable et de répondre aux besoins de sa population.

Comment ? Par la création et le maintien de services et d’activités de proximité dans les territoires ruraux. Un appel à projets providentiel pour la ferme des Aulnes, qui a rentré sa candidature fin octobre.

Escanaffles : plébiscitée par les écoles, la ferme des Aulnes ne demande qu’à grandir (vidéo)
©EdA

Isabelle Moyard et les autres volontaires veulent en faire un lieu de rencontre et de partage entre les générations. "Nos activités phares comme la pêche, la confection du pain ou les balades sont propices à ce mélange entre les enfants et les personnes âgées." Dans le dossier rendu à la ministre Tellier, la ferme des Aulnes veut aussi créer des ateliers parents-enfants ou grands-parents-enfants le mercredi après-midi et des pauses pour permettre aux mamans de souffler pendant que leur progéniture profite du cadre pour s’aérer ou se défouler.

Autre public, autre aspect du projet: des ateliers autour de la cuisine du monde avec les ressortissants étrangers de l’entité et un partenariat avec l’ASBL Choq sur la thématique de l’emploi. "On envisage notamment de développer les Duos de Choq (où un senior épaule un jeune qui rentre sur le marché du travail)", détaille encore Isabelle Moyard.

Un dossier solide, qui peut potentiellement taper dans l’œil de la ministre Tellier et de son cabinet. "La commune le soutient totalement", reprend Axelle Chantry. "C’est finalement assez rare de tomber sur des appels à projets qui correspondent à des projets ruraux. Celui-là est taillé sur mesure pour la ferme des Aulnes", conclut l’élue.

Réponse espérée avant la fin de l’année 2022, pour un lancement dans les mois qui suivent…