Des négligences à la crèche communale de Pottes ? « Il faut aider le personnel de toute urgence »

Yves Willaert s’est fait le relais de l’inquiétude et de la colère de certains parents, lors du conseil communal. L’opposition dénonce la désinvolture de l’échevine Carine Breda à ce sujet.

Antoine Pontrandolfi
 Matériel en panne, puéricultrices débordées, suspicion de coups: l’opposition a mis l’échevine Carine Breda face à ses responsabilités.
Matériel en panne, puéricultrices débordées, suspicion de coups: l’opposition a mis l’échevine Carine Breda face à ses responsabilités.

Posée initialement lors d’un conseil communal à huis clos pour ne pas ébruiter l’affaire, la question des négligences à la crèche communale de Pottes est revenue sur la table du conseil, jeudi soir.

La raison ? "La désinvolture ou le dédain de l’échevine Carine Breda, appelez cela comme vous voulez, lors de sa précédente réponse", déplore l’ancien bourgmestre Yves Wuillaert. Aujourd’hui conseiller de l’opposition, l’élu précise qu’il s’agit d’une question commune avec Pierre Lejeune (ancien échevin responsable des crèches) et Anne Debouvrie (médecin). "Le manque de respect de Carine Breda nous pousse à reformuler cette question, cette fois-ci en séance publique", poursuit l’ancien maïeur.

Mi octobre, plusieurs parents ont tiré à boulets rouges sur le fonctionnement de la structure. Certains ont même tenu des propos alarmants. Matériel de cuisine en panne, puéricultrices débordées, l’ambiance serait "malsaine" au sein de la crèche. "Il y a quelques mois, des enfants se sont échappés et ont été retrouvés sur le trottoir. On avait déjà frôlé la catastrophe. Mais depuis peu, l’intégrité physique des enfants est en péril. Le personnel est débordé, sous pression. Il faut l’aider de toute urgence." L’opposition dénonce aussi une direction aux fraises et une échevine distante.

Tancée par Yves Wuillaert, Carine Bréda précise qu’il n’y a "pas de problème de sous-effectif" dans la structure pottoise, chiffres à l’appui. "La crèche dispose d’une capacité de 42 places et nous avons l’équivalent de 9,4 temps plein pour la faire fonctionner", rétorque l’échevine. "La norme d’un adulte pour sept enfants est respectée. Quant au personnel, il est motivé et compétent."

Elle revient aussi sur la brève fugue de décembre dernier avant d’évoquer le problème plus préoccupant du moment. "À ce stade, il ne s’agit que d’une suspicion de coups. L’hypothèse des joues rouges (une infection virale) n’est pas écartée non plus." Selon Carine Breda, impossible non plus de dire si le personnel doit être mis en cause à ce sujet. Idem pour les morsures, "un phénomène récurrent entre des enfants en bas âge. Certains faits ont peut-être échappé à la vigilance de nos puéricultrices. Nous en sommes tous affectés. Mais personne n’est à l’abri d’un peu d’inattention. L’erreur est humaine." On précisera que la suite du dicton reste: persévérer est diabolique.

Pour repartir sur des bases plus saines, l’échevine se dit "toujours présente" pour trouver des solutions et précise que des mesures ponctuelles sont prises, avant d’en trouver à plus long terme pour le bien-être du personnel et la satisfaction des parents. "D’ici là, il faut se serrer les coudes ", conclut Carine Breda.