Les travailleurs de Belref seront finalement payés

Après deux visite au domicile du patron, les salariés de Belref recevront leur salaire pour le mois de mars.

Ugo Petropoulos
Les travailleurs de Belref seront finalement payés
Belref Saint-Ghislain ©Belga

La mobilisation a finalement payé: les travailleurs licenciés de l'usine Belref à Saint-Ghislain recevront leur salaire du mois de mars, pour lequel ils se battaient depuis le début de lasemaine avec l'appui de la FGTB Mons-Borinage.

Rétroacte: jeudi 30 mars, le tribunal de commerce de Mons approuvait le projet de réorganisation de Belref présenté par son patronDominique Leone. Plan quiconsisteà concentrer les activités de l'entreprise au sein d'une nouvelle micro-structure, sorte de "Belref bis" et qui ne reprendrait que 17 salariés sur les 74 encore actifs. La société Belref actuelle était alors vouée à la faillite.

Avantage pour le dirigeant de l'entreprise: il ne doitpas à payer d'indemnités de licenciement pour les 57 travailleurs laissés sur le carreau, laissant le fonds de fermeture se charger de les indemniser. Et c'est également ce fonds qui aurait dû payer leur salaire du mois de mars. Dans le cadre du Plan de Réorganisation Judiciaire,toutes les activités de l'usine avaient déjà été transféréesdans une nouvelle société, tandis que l'ancienne attendait sa mise en faillite, intervenue hier.

Une situation inacceptable pour les travailleurs: pas question d'attendre l'indemnité du fonds de fermeture, qui intervient au bout de 10 à 12 mois,d'autant que la promesse avait plusieurs fois été faite de payer les salaires, selon la FGTB. Les travailleurs sont doncpartis en grève mardi dernieret ont bloqué toute activité sur le site de Belref.

Hier et aujourd'hui, le mouvement s'est durci avec une visite matinale au domicile de Dominique Leone, à Bernissart. Pour éviter que la situation ne pourrisse,le bourgmestre de Saint-Ghislain Daniel Olivier a endossé le rôle de médiateur et a rencontré Dominique Leone ce vendredi matin, qui a finalement accepté de payer leur mois de mars aux salariés.

"Nos trois revendications ont été satisfaites, confirme Frédéric Michel, secrétaire de la FGTB Mons-Borinage. Outre le paiement des salaires du mois de mars, nous réclamions que la faillite de la société soit rapidement déclarée pour permettre aux travailleurs de rebondir au plus vite. Nous demandions aussi que les travailleurs concernés puissent rapidement recevoir leurs indemnités liées auchômage économique et que le directeur remplisse les formulaires nécessaires".

Après presque une semaine de combat, "les travailleurs sont satisfaits. Ils peuvent partir la tête haute, même si derrière il y a la fermeture d'une entreprise". Mais certains ont des chances d'y retourner. "Pour faire tourner l'usine, le directeur sera obligé de faire appel à des intérimaires. Des travailleurs licenciés pourraient bien se retrouver à travailler à nouveau pour lui avec des contrats précaires..."