Il vidait les caravanes voisines

Un jeune Bernissartois est poursuivi pour avoir commis une trentaine de faits de vols dans des caravanes stationnées dans le camping.

P.D.
Il vidait les caravanes voisines
À peine majeur, le jeune doit faire face à une longue série de préventions… ©Bildhuset Scanpix/Reporters

Âgé d’à peine 18 ans, Logan (prénom d’emprunt) aura déjà connu le quotidien de la prison… Depuis le 4 juin dernier, le jeune Bernissartois est détenu à la prison de Mons. Il est poursuivi pour de multiples faits de vols et tentatives de vols simples et qualifiés, commis au sein du camping du Préau à Bernissart. Au total, une trentaine de faits commis entre novembre 2015 et mai 2016 lui sont reprochés!

«Mon client a une situation personnelle assez compliquée, explique l'avocat du prévenu, Me Ernould. Il a été éduqué par sa mère, sans référence paternelle, et il a quitté l'école en deuxième secondaire. Sa mère n'a pas accepté la liaison qu'il entretenait avec une jeune fille de 16 ans. Face à ce conflit, il a décidé de quitter le foyer familial et a trouvé refuge dans une caravane au camping de Bernissart.» Rapidement, Logan n'a plus les moyens de se sustenter… Il décide d'aller se servir dans les caravanes voisines. «Au début, il va prendre de quoi se nourrir et de quoi boire, rappelle l'avocat. Ensuite, il va aller plus loin en dérobant des télévisions ou des clés USB qu'il va revendre pour obtenir de l'argent pour vivre. Lors de son arrestation, il a reconnu les faits et a désigné les caravanes qu'il avait visitées.»

Les faits ont été commis, en présence d’une mineure d’âge en fugue, mais cette prévention n’a pas été retenue dans la poursuite judiciaire… Quatre victimes se sont portées partie civile et réclament des dommages et intérêts.

Pourtant, Logan aurait pu éviter de passer par la case prison! «Lors de votre interpellation par les services de police, en février dernier, le magistrat instructeur vous avait fait un cadeau en vous laissant en liberté conditionnelle, dans l'attente du procès, rappelle la présidente du tribunal, Mme Hatert. Des conditions avaient été assorties à cette mesure de faveur et vous ne les avez pas respectées!» Le jeune homme est en effet poursuivi pour de nouveaux faits commis après sa première arrestation. Des faits de vols que conteste le jeune homme… Son avocat a sollicité une peine de travail. «En février, lorsqu'il est arrêté et remis en liberté, mon client ne prend pas conscience de ses actes. Il ne se rend pas compte qu'il a une épée de Damoclès au-dessus de lui! Avec son passage en prison, l'aspect abstrait de la sanction est devenu concret et il a compris que ce n'est pas de cette manière qu'il allait s'en sortir!»

La procureure du Roi ne s'est pas opposée à une peine de travail, «avec l'espoir de le voir faire autre de sa vie…» Le jugement sera prononcé le 6 septembre.