Des finances victimes du Fédéral

Il est assez aisé de remplir sa caisse avec l’argent des autres. C’est ce que fait l’État fédéral avec l’IPP redevable aux Communes.

Frank Ghislain
Des finances victimes du Fédéral
Mathieu Wattiez a présenté son premier compte communal. ©ÉdA

«Cela m'attriste. Tout cela n'est guère réjouissant pour un échevin des Finances qui doit présenter un tel mali! Je commence à en avoir au-dessus de la tête, tout cela pour un pouvoir qui cherche de l'argent. A-t-on encore un réel pouvoir dès le moment où l'on nous ferme les robinets?», déclarait à l'issue de la présentation du compte 2015 de la commune Luc Wattiez, un échevin des Finances pour le moins dépité. «Si on avait reçu les recettes tel que prévu, l'exercice aurait été à l'équilibre, voire en léger boni», poursuivait pour sa part le bourgmestre Roger Vanderstraeten, pour le moins remonté contre nos dirigeants, tous partis confondus. «Bernissart est touché comme les autres communes. Néanmoins, notre résultat budgétaire global est très positif. C'est notamment dû à une politique budgétaire rigoureuse. Maintenant, on peut se poser la question. Doit-on poursuivre à inscrire au budget la prévision de l'IPP imposée par le Service public des finances?», s'interrogeait Mathieu Wattiez, le nouveau directeur financier qui présentation lundi soir son premier compte communal. Dans un exercice concis et précis, celui-ci a abordé les différentes composantes du compte 2015 qui accuse à l'exercice propre du service ordinaire un mali (- 655 392€). Nettement plus réjouissant est le résultat budgétaire qui, bénéficiant des exercices antérieurs, présente un boni de 2 093 856€ à l'ordinaire et un excédent de 260 061€ à l'extraordinaire (investissements et travaux).

CPAS, police et pompiers…

Les recettes de transfert sont en diminution. «Il y a notamment une somme de 618 609€ provenant de l'IPP (impôt des personnes physiques) qui n'est pas rentrée. Alors que les dépenses de personnel sont en baisse, les dépenses de transfert (CPAS, pompiers, police…) augmentent de 763 196€. Au service extraordinaire, notre fonds de réserve est de 790 559€ dont un montant de 605 156€ provenant du FRIC, le fonds régional d'investissement communal. Pour nos investissements et travaux, on a utilisé des emprunts (54%), des subsides (35%) et nos fonds propres (11%). En 2015, il y a eu pour 2 371 671€ d'investissements. C'est en diminution de 650 000€ par rapport à 2014. Nos dépenses de personnel (193 équivalents temps plein) et de fonctionnement ont été bien maîtrisées. Elles sont légèrement en hausse par rapport à 2014 mais des recettes n'ont pas encore été perçues. Pour le CPAS, entre 2011 et 2015, on enregistre une augmentation de 282 797€. C'est énorme! Pour la même période, on note une augmentation de 71 677€ pour la zone de police. Enfin, pour l'IPP, alors qu'une somme de 2,8 millions d'euros avait été inscrite sur base des prévisions du SPF, nous n'avons reçu que 2 159 000€. Il manque 600 000€», a commenté le directeur financier.

Martine Marichal et Didier Delpomdor (MR-cdH-IC) ont voté contre ce compte. Dans la foulée, le résultat du compte a été injecté dans le budget 2016 qui présente à présent à l’ordinaire un boni de 2 195 608€. Abstention de Didier Delpomdor, non de Martine Marichal.