Les finances virent au rouge

Si la situation persiste, la commune sera virtuellement en faillite. En cause l’État fédéral qui ne rétrocède pas le fruit des taxes perçues!

Frank Ghislain
Les finances virent au rouge
BERNISSART CONSEIL COMMUNAL ©EdA

Une mauvaise gestion des finances ne semble pas à mettre au compte des élus bernissartois, véritablement coincés dans un système qui paraît sans issue. Au demeurant, bon nombre de villes et communes wallonnes se retrouvent embarquées dans le même processus. D’une part, les communes ne perçoivent pas leur dû en matière de taxation, d’autre part, elles sont confrontées à de sérieuses augmentations dans des domaines tels que la police, le CPAS et prochainement les zones de secours. Une modification budgétaire pour le Centre d’aide sociale, une modification du budget communal et l’examen de la caisse communale du 3e trimestre 2014 ont largement mis en lumière les difficultés face auxquelles Bernissart doit faire face.

«Ils thésaurisent notre argent»

À propos de la caisse communale et des placements qui avaient été effectués par la commune, «Ces trois derniers mois, on a puisé dans nos placements. On a perdu un million d'euros parce que les additionnels ne rentrent pas. Les deux additionnels (IPP et précompte mobilier) sont déjà régionalisés en Flandres où il n'y a pas de problème… ce qui n'est pas notre cas! Si cela ne rentre pas pour décembre, on devra recourir à un emprunt qui coûtera cher», a averti Marianne Pottiez, la directrice financière. «Ils thésaurisent notre argent pour en faire autre chose», » poursuivait le bourgmestre Roger Vanderstraeten. Et la mesure ne touche pas que la commune.

«Idem pour le Centre omnisport du Préau. La dotation de 48 000€, déjà décalée de deux ans, n'a toujours pas été payée par la Communauté française. Comment va-t-on rétribuer le personnel?», s'interrogeait Luc Wattiez, échevin des Finances et administrateur au COP.

L’inconnue… c’est déjà demain!

Et de difficultés financières, il en fut encore question lors d'une modification des finances au CPAS. «L'intervention communale reste dans la limite supportable. Néanmoins, et ne sachant pas ce qui va venir, il a fallu 28 392€ supplémentaires pour boucher le trou. Il faut être prudent avec les chiffres. On ne connaît pas encore les augmentations qui tomberont. Travaillons dans la clarté et n'inscrivons pas n'importe quelle donnée pour l'avenir. Je propose d'inscrire le même montant et d'ajuster au fur et à mesure», est intervenu Willy Willocq, président du CPAS.

«Cet ajustement au CPAS est dû à l'augmentation du salaire de la directrice financière (+25%) qui assure à présent les postes au CPAS et à la commune. Les temps sont très difficiles. Un des buts est de ne pas perturber le personnel communal ni d'appeler le citoyen à la rescousse. Le principe du tiers boni c'est bien mais l'année suivante ce sera le tiers des deux-tiers!», signalait le mayeur.

«Pour l'avenir, on est dans l'inconnue», concluait Luc Wattiez. À l'issue de la modification du budget de la commune, le boni a été ramené de 2 919 100€ à 2 861 871€. «2,8 millions, c'est bien. Cependant, ce sera 500 000€ en moins si on nous impose la zone de secours, selon le chiffre que j'ai eu! » a précisé le bourgmestre.