Des agents de police pris à partie

En septembre dernier, deux policiers de la zone Péruwelz-Bernissart avaient été malmenés lors d’une intervention au domicile du prévenu.

Alors qu’ils étaient amenés à devoir calmer une dispute familiale, des agents de police de la zone Péruwelz-Bernissart étaient loin de se douter que leur intervention allait susciter un tel déchaînement de violence.

L'air un peu désinvolte à la barre du tribunal, Bruno (prénom d'emprunt) se retranchait derrière une consommation excessive d'alcool pour tenter de justifier son comportement. «À ce rythme-là, on va pouvoir réinstaurer la loi de la jungle», sermonnait le juge principal Hannard.

Il insulte puis frappe

Les faits remontent au 2 septembre 2013 à Bernissart. Ce jour-là, une altercation met aux prises le prévenu, désinhibé par l’abus de boisson, à son père.

Alertée par la mère de Bruno, la police débarque sur place pour réinstaurer la quiétude au sein du foyer. Le climat assez tendu ne va paradoxalement pas s’apaiser puisque le suspect va littéralement péter un plomb dans le combi de police.

«Monsieur va se débattre et frapper à plusieurs reprises deux inspecteurs qu'il avait, en outre, copieusement insultés au préalable. J'avoue ne pas comprendre comment sa violence a ainsi pu décupler au moment où les verbalisants ont agi», indique la Procureur du Roi, Mme Schleich, qui a requis une peine de travail de 100 heures.

Dans son évaluation de la hauteur de la sanction, la représentante du ministère public a tenu compte de l’absence d’antécédents judiciaires dans le chef de Bruno même s’il demeure assez bien connu des services de police pour des faits de vols, de coups et blessures et de drogue.

L’avocat de la partie civile, qui défendait les intérêts de la zone de police, a réclamé plus de 4 700€ d’indemnisations ainsi qu’une compensation de 1500€ pour le préjudice moral. Un montant que le parquet de Tournai a jugé prohibitif au regard des deux semaines d’incapacité de travail subies par les deux agents.

De son côté, le conseil de la défense a insisté sur la déception amoureuse vécue par son client au moment des faits, une rupture qu'il l'aurait entraîné à s'enivrer. «Je pense que la peine de travail est une sanction adéquate pour Monsieur, qui n'a pas la réputation d'être particulièrement violent. Vu son jeune âge, il serait dommage de venir handicaper son avenir et de compromettre son insertion dans la vie active», a assuré Me Lemaître.

Le jugement sera prononcé le 27 mai.