Les CPAS, nouveaux lieux de violence

Les faits de violence dans les Centre de l’aide sociale sont de plus en plus fréquents. Deux exemples récents de tels agissements.

Pauline Deneubourg
Les CPAS, nouveaux lieux de violence
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Cette semaine, au Tribunal correctionnel de Tournai, deux affaires de violences commises au sein de centres CPAS de la région étaient à l’ordre du jour. La première s’est produite le 15février 2013.

Guillaume, 29 ans, se présente à l’accueil du Centre public et exige qu’on lui donne de l’argent. La tension monte. Il force la porte et s’empare de l’argent de la caisse, soit environ 1 300€. Il assène un coup de pied à une employée qui a voulu s’interposer. Lors de sa fuite, il agresse également une dame âgée. Le jeune Tournaisien est inculpé de vol avec violence à l’encontre du CPAS de Tournai.

C'est les menottes au poing qu'il explique au juge: «comme toutes les semaines, j'ai été chercher mon argent au CPAS de Tournai. Mais ce jour-là, je le reconnais : je n'étais pas dans mon état normal, j'étais en manque… »

Son avocat, Me Gossieaux a proposé une peine de travail. Il a insisté sur le fait que son client regrette ce moment d'égarement et souhaite s'excuser auprès des employés du CPAS. «Il s'est rendu compte que le CPAS est là pour l'aider matériellement ou dans ses démarches. Il ne comprend pas son comportement… »

Le Procureur du Roi a requis une peine de 15 mois de prison en raison «de la fâcheuse tendance au passage à l'acte » de l'inculpé. Le jugement sera prononcé le 28juin.

« Je te retrouverai »

Le personnel du CPAS de Bernissart a aussi été victime d'agressions ces derniers mois. Le 8novembre dernier, vers 10h30, Muhamet fait irruption dans les permanences du service de médiation de dette. Il veut obtenir son argent. «Cela faisait plusieurs mois que le CPAS nous versait notre mois avec 10 jours de retard. J'en avais marre de voir ma femme pleurer chaque début de mois en se demandant comment on allait tenir jusqu'à ce qu'on touche… J'ai donc décidé d'aller régler ce problème une fois pour toutes! » explique-t-il.

Mais l'homme n'utilise pas la manière la plus diplomatique… Déjà connu de la justice, il menace les membres du personnel de leur «faire la peau» s'il n'était pas payé à temps le mois prochain. Les menaces s'intensifient à l'encontre de l'employée. «Je te retrouverai où que tu sois et tu me demanderas à genoux de ne pas te flinguer », tels sont ses mots menaçants rappelle l'avocat de l'employée, qui réclame 1 000€ pour le dommage matériel et moral.

Deux témoins l’ont également vu porter sa main à la ceinture et exhiber une arme. Accusation, que réfute le prévenu, expliquant que les témoins l’ont confondu avec son tatouage. Lors de son interpellation, Muhamet profère également des insultes à l’encontre des forces de l’ordre.

Face au juge, le Bernissartois ne semble pas prendre conscience de ses actes. Suscitant la colère du juge Dumont qui préfère le renvoyer sur le banc. L’inculpé nie les menaces et le port d’armes. Il accuse le CPAS d’avoir amplifié les événements afin d’avoir un motif d’exclusion de la médiation de dette.

Le Procureur du Roi a requis une peine d'un an minimum, insistant «sur la peur et le traumatisme engendré par cet acte pour les employés du CPAS».L'avocat de Muhamed a demandé, quant à lui, une peine de travail. Le jugement sera rendu le 11septembre.