Les crocheux perpétuent la tradition

Des centaines de joueurs de tous âges ont investi les rues mercredi afin de s’adonner aux joies du crossage, véritable pilier du folklore local.

Pierre-Laurent CUVELIER

Sous un soleil diablement généreux, plusieurs centaines de crocheux de la Cité des Trois Canaux sont parties à l’assaut des tonnes dès l’aube en ce mercredi des Cendres. Pour l’occasion, les venelles se sont transformées en de vastes terrains de jeu, où une atmosphère conviviale et très festive régnait entre les participants.

Si la tradition ancestrale du crossage, qui puise ses origines au Moyen Âge, a certes souffert de la disparition progressive de nombreux cafés dans l'entité, elle garde un avenir plus que prometteur à Blaton. Car de génération en génération, la transmission de cet élément du folklore local se perpétue de bien belle manière. « Nous sommes là pour prendre la relève de nos parents, eux-mêmes crocheux ainsi que pour mettre l'ambiance dans le villageet effectuer le rituel de la tournée des cafés », indiquent les Tchos Pinteux, une bande de jeunes délurés maniant la crosse depuis quatre ans. Même s'il n'habite plus le village, le jeune président des Noir's Boudene, John Brangers, reste comme beaucoup un inconditionnel du crossage à Blaton, qui se joue encore à la cholette en bois.

« Je suis tombé dedans dès ma naissance, car mon père et mon grand-père ont toujours pratiqué cette activité ancestrale ici. L'amusement et les échanges entre copains sont si forts que je n'ai pu qu'adhérer », précise l'homme de 34 ans.

Croisée lors d'une halte ravitaillement, la société des Kis-Ka-Kos-Ku présente la particularité d'être la plus ancienne du village, car elle a été formée en 1898. Le « chef » de cette tribu de Pierrots, Bernard Delguste évoque quant à lui les origines de cette tradition. «Le crossage est apparu en réaction à l'aspect religieux du Carême, qui incite les gens à la privation. L'idée était donc au départ de prendre le contre-pied en instaurant cette fête familiale. Maintenant, l'aspect anticléricala disparu mais pas l'envie des crocheux de s'amuseren groupe».

Signalons enfin qu’à Bernissart par contre, la reprise du flambeau tarde à s’opérer, même si les Inguanocroches et la confrérie des Archers de St-Sébastien (les deux rescapés) continuent à faire de la résistance.¦