Bernissart: l’insécurité est un réel problème à solutionner

La sécurité à Bernissart sera-t-elle un thème majeur de la campagne électorale prochaine ? Ce n’est pas impossible.

Christophe Desablens

D'emblée, le bourgmestre Roger Vanderstraeten (PS) calme le jeu: « Elle s'est nettement améliorée depuis les événements qui ont nécessité l'instauration d'un couvre-feu. Cela dit, si on veut éviter tout problème, on élimine les jeunes de l'entité. Est-ce bien cela qu'on veut à Bernissart ? Je ne pense pas ».

Bernard Delguste pense qu'on a trop tendance à mettre le sentiment d'insécurité sur le dos de populations immigrées. « C'est surtout une étonnante évolution de notre société. Les parents ont démissionné de leur rôle. Au lieu d'aller au patro, et de s'ouvrir aux autres, les jeunes vivent dans des espèces de ghettos, le Préau ou la place de Blaton. Sans horizon, sans beaucoup d'occupations, ils traînent et finissent par commettre des dégradations car ils n'ont que ça à faire ».

Pour Martine Machtelings (MR), si on ne fait rien on va droit dans le mur. « Le quartier du Préau m'a laissé dernièrement une impression très désagréable ; attroupements, voitures dans lesquelles la musique allait à fond, canettes par terre… Une dame du quartier, une Marocaine, m'a interpellé à ce sujet car sa fille n'est même plus en mesure d'étudier dans de bonnes conditions ».

Tout n'est pas idéal, admet Roger Vanderstraeten. Mais il est faux de dire que la commune ne fait rien: « Il y a des médiateurs de rue et plein d'associations très diverses qui, sur le terrain, encadrent ces jeunes et mènent des projets d'intégration intéressants. Cependant, je vous le concède, ce n'est pasfacile ». La situation est d'autant plus complexe que, précise le bourgmestre, le Préau est un lieu privé qui ne relève pas du domaine public.

Alain Drumel (Écolo) estime pour sa part que le sentiment d'insécurité des citoyens est un vrai problème. Il a l'impression qu'un fossé se creuse entre une certaine jeunesse et le reste de la population, entre la population des cités et les autres quartiers… « Je ne vois plus beaucoup de personnes étrangères au Préau à la fête interculturelle ».

Personne ne met en doute l'utilité d'installer des caméras de surveillance. « À condition de ne cibler que des endroits stratégiques, car il n'est pas question de déplacer des problèmes inhérents à certains quartiers », dit M.Drumel.

« Il y a hélas ! un gros souci d'éducation et de laisser-aller, tant de la part de la jeunesse que des adultes: on se gare n'importe où et n'importe comment… » Martine Machtelings, Bernard Delguste et Alain Drumel estiment que la police pourrait être davantage présente sur le terrain. « Ça ne suffit pas de passer rapidement en camionnette en jetant juste un œil, il faut aussi s'arrêter et intervenir quand quelque chose ne va pas ». La réflexion agace le bourgmestre: « La police est suffisamment présente. Si on veut qu'elle le soit plus encore, il faut accepter de mettre la main au portefeuille »