Cinq CPAS associés pour les urgences

Conserver en permanence un logement libre pour les cas d'urgence, c'est compliqué dans les «petites» communes. Mais en s'associant...

Cinq CPAS associés pour les urgences
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Parmi les missions des centres publics d'action sociale, il y a les «urgences sociales». Comprenez ces cas qui nécessitent de mettre à disposition, quasiment sur le champ, un lieu d'accueil, d'hébergement. Pour une personne, une famille «sans abri».

Un lieu vraiment libre

Quand on dit «sans abri», on ne pense pas uniquement au sans domicile fixe, au clochard, que l'on rencontre d'ailleurs davantage dans les «grandes» villes que dans les communes de plus petite taille. En revanche, une femme et des enfants à héberger après des violences conjugales, des toxicodépendants soudain à la rue, des surendettés expulsés, ou des victimes d'incendies, ce sont autant de «sans-abri» à aider sans délai.

On comprend l'intérêt d'avoir un logement libre en permanence... Mais dès l'instant où quelqu'un occupe ce logement, par définition il n'est plus libre.

Autrement dit, il faut que le transit par ce logement soit le plus court possible. Donc que les personnes qui l'occupent soient réorientées vers des services qui peuvent les prendre en charge, et leur trouver un logement plus durable.

Le coup de pouce ministériel

En mars dernier, la ministre de la Santé, de l'Action sociale et de l'Égalité des Chances, Éliane Tillieux, a suggéré que des CPAS de communes proches les unes des autres s'associent en «pôle d'urgence sociale». Quatre groupes de communes, dont deux de Wallonie picarde, ont répondu à l'appel. Mouscron et Estaimpuis d'une part; Péruwelz, Brunehaut, Leuze, Beloeil, Bernissart, d'autre part.

Chaque pôle pourra bénéficier de 2 x 20 000 ¤ de subventions. L'une pour adapter un bâtiment à cette fonction particulière d'hébergement d'urgence, l'autre pour développer le service (avec entre autres une permanence accessible 24h/24)

La mise en réseau des ressources

Le cas le plus exemplaire est évidemment celui qui voit cinq CPAS s'associer. L'initiative a été lancée par le CPAS de Péruwelz (président Luc Rigaux). Elle est coordonnée par Bruno Humbeeck, psycho-pédagogue dans l'institution.

«Outre la création d'un logement d'urgence, le vrai travail dans ce dossier, c'est la mutualisation, la mise en réseau de nos ressources. Jusqu'ici, chaque commune s'efforçait de faire les choses au mieux, mais chacun travaillait sur son territoire, on cultivait «l'entre soi».

À Péruwelz par exemple, on peut s'appuyer entre autres sur la Traverse, centre d'accueil et d'hébergement. Mais d'autres choses se font dans les quatre communes associées.

Il s'agira donc de former un ou une activateur/trice de nos réseaux locaux. Cette personne sera d'abord en mesure d'analyser le problème des gens, et surtout elle connaîtra l'ensemble des services, des réseaux d'aide, existant sur les cinq communes. Elle sera ainsi à même d'orienter la personne à aider vers l'association, l'institution qui peut le mieux répondre à ses besoins.

De manière à ce que les «sans-abri» bénéficient de l'aide la plus efficace possible et que le logement d'urgence puisse redevenir accessible au plus vite.» Pour l'heure, les choses sont sur le point de se mettre en place. Les CPAS concernés ont reçu l'avis favorable attendu. Les subsides sont promis. L'arrêté ministériel qui permettra de les libérer suivra.

Le logement d'urgence sera établi rue de la Ferté à Péruwelz.G.E.