Pauvreté : les « Ailes du phoenix » se déploient sur Bernissart

Bernissart est une des communes les plus pauvres de la région. C'est là que deux Congolais ont déployé leurs ailes.

François DESCY
Pauvreté : les « Ailes du phoenix » se déploient sur Bernissart
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Si tu ne vas pas à Fernande et à Jean-Marie, Fernande et Jean-Marie iront à toi !

Fernande Perignon et Jean-Marie Lunda sont mariés et ont quatre enfants. Voici vingt ans, ils ont quitté le Congo, en proie à la guerre civile, pour se retrouver à Renaix, puis à Bernissart.

Mardi passé, ils ont expliqué à une vingtaine de personnes du doyenné de Frasnes-lez-Buissenal les circonstances dans lesquelles ils ont créé l'ASBL Les Ailes du Phoenix, un des 32 projets soutenus en Hainaut par l'action Vivre Ensemble.

« Leur dire qu'on existe »

« Quand nous sommes arrivés en Belgique, nous avons dû tout reconstruire, et même réapprendre à vivre, raconte Fernande d'une voix posée. Nous avons retrouvé du travail mais cela ne suffisait pas à donner un sens à notre vie. Nous avons ressenti le besoin des autres mais, après dix années de présence à Bernissart, on s'est rendu compte qu'on ne connaissait pas les gens de la localité. » Fernande ne dit pas qu'elle a été mal accueillie, mais elle fait comprendre qu'elle aurait aimé que les Bernissartois viennent à elle et à sa famille.

« Un jour, nous nous sommes dit : pourquoi n'irions-nous pas nous-mêmes vers les autres, pour chercher à les comprendre, à leur dire qu'on existe et qu'on voudrait faire un bout de chemin avec eux ? Il nous a fallu beaucoup de courage pour nous ouvrir aux autres ... » Fernande et Jean-Marie ont été plus loin encore dans la démarche. Ils se sont demandé ce qu'ils pouvaient faire avec les autres, pour les autres. « Tous les êtres humains sont pareils, disent-ils. D'un côté, ils ont tous de la générosité en eux. De l'autre, ils veulent tous sortir de l'isolement et de la pauvreté ». En 2007, le couple décide de créer l'ASBL Les Ailes du Phoenix. Une façon de dire qu'« il y a toujours un espoir de renaissance ». Très vite, l'association est agréée pour devenir un dépôt de la banque alimentaire. Au début, le dépôt est fréquenté par une vingtaine de personnes. On en est à 60 aujourd'hui. « Les bénéficiaires ne sont pas seulement des Africains, peu nombreux à Bernissart » sourit Fernande.

L'association, qui compte une dizaine de bénévoles, s'est ensuite lancée dans d'autres activités. On accompagne au spectacle des personnes bénéficiant de l'article 27, qui consiste à permettre aux exclus d'accéder à la culture. On organise des moments de convivialité...

Nouveauté : cette année, on a créé un jardin collectif, dont les cultivateurs se partagent ensuite les légumes.

Fernande Perignon, 0473 78 31 95