Mettre l'alcool K.O. chez soi.

La Coordination Assuétudes du Hainaut Occidental, CAHO, a mis en place un projet de sevrage à domicile.

Alice MARICHAL

La CAHO , Coordination Assuétudes du Hainaut Occidental ASBL, tente au quotidien de permettre aux acteurs de la région de pouvoir répondre, de manière optimale aux demandes de la population en matière d'assuétudes, que ce soient les personnes consommatrices, dépendantes ou encore leur entourage. Dans ce cadre, la coordination a mis en place un projet de sevrage à domicile pour les personnes alcoolo dépendantes sur les entités de Dour, Hensies, Bernissart et Beloeil. L'objectif est de réaliser, dans un premier temps, un sevrage physique à domicile et dans un deuxième temps un accompagnement médico-psycho-social toujours à la maison. Dans chacune des quatre communes, des rencontres ont été organisées afin d'associer au projet les professionnels de terrain de première ligne, médecin traitant, kinésithérapeute, infirmier, aide-familiale...

Aujourd'hui, la CAHO est enfin prête. « Nous sommes prêts, explique d'ailleurs Benoît Brouillard, coordinateur au sein de l'ASBL. L'important maintenant est de se faire connaître afin que les gens qui en ont besoin prennent contact avec nous. Nous avons informé les médecins, afin qu'ils puissent eux aussi détecter le problème d'alcoolisme le plus rapidement possible ».

Le patient occupe une place centrale

L'objectif en 2010 est de prendre en charge une dizaine de patients, des adultes ayant des problèmes de dépendance éthylique et qui souhaitent entrer dans un processus de changement. Après un premier contact avec le patient, progressivement on parlera de sevrage. Celui-ci s'effectuera en collaboration avec des personnes de confiance, déjà connues du patient. « Lors d'une arrivée en catastrophe, en milieu hospitalier, les médecins sont contraints à une décision rapide, et généralement on parle d'emblée du sevrage, explique le Docteur Jonniaux.

Cela a créé une situation de stress. Dans notre démarche à domicile, nous allons au-devant du patient. Ce dernier a pris la décision de se soigner, le stress est moindre et la motivation supérieure. Dans notre projet, le patient occupe une place centrale ».

En Hainaut, la consommation d'alcool est plus importante par rapport à la moyenne wallonne ou belge. Les communes choisies pour ce projet, ne possèdent pas de structures hospitalières, et sont situées à moins de 15 km d'hôpitaux. Elles sont isolées entre deux bassins de soins (Tournai - Mons) et la frontière française. Pour mener à bien ce projet, la CAHO compte sur le soutien de nombreux professionnels régionaux.

« L'alcoolisme est une maladie complexe qui touche toute la vie, explique Pascale Hontoir, psychologue. C'est pourquoi, le patient sera suivi par un certain nombre de personnes, agissant dans des disciplines différentes : médecins traitants, psychologues, infirmiers, assistants sociaux, et bien d'autres.

L'objectif est de remettre le patient au centre de sa vie et de sa liberté ».