La maison Wacheul a résisté au temps

Des petits commerces discrets traversent les siècles : la maison Wacheul, à Blaton, en est un exemple parfait.

Alice MARICHAL

De 1928 à nos jours, la physionomie du village de Blaton a changé au rythme du temps passé. Pourtant, au détour d'une rue adjacente à la Grand-place, l'enseigne de la maison Wacheul brille encore depuis toutes ces années.

Géré par la gente féminine depuis sa création, le commerce s'est adapté au fil du temps, pour devenir aujourd'hui une boutique bien achalandée ; graineterie, articles de pêche, animalerie, une véritable caverne d'Ali Baba. « C'est à ma mère, Eugénie Renaud, que l'on doit la création de l'entreprise. Pourtant le registre de commerce est au nom de mon père, Auguste Wacheul, puisqu'à l'époque, c'était mal vu pour une dame de tenir un commerce », explique Josée Turpin, fille de la famille Wacheul. « À la genèse, il s'agissait d'une graineterie à laquelle s'est ajouté un rayon épicerie, comme les boutiques de villages le voulaient à l'époque ».

En 1940, Auguste Wacheul, ancien charpentier aux Usines Delplancq à Blaton, rejoint l'aventure commerciale, et plus d'une dizaine d'années plus tard, les activités sont séparées ; le rayon épicerie étant repris par Louis Delhaize. Au décès de son père, Josée Turpin reprend les rênes et transforme le magasin. Cette dernière tirera sa révérence, bien des années plus tard, pour laisser sa place à Réjane Morvan, l'actuelle gérante, elle aussi à la recherche d'un repreneur.

Comme ses prédécesseurs, celui-ci devra veiller à conserver la qualité des produits et perpétuer les traditions afin de pérenniser la longévité du commerce. « Nous avons toujours fait preuve de sérieux et de compétences, poursuit Josée Turpin. Ici, tout le monde y trouve son compte et nous sommes là pour conseiller et orienter les clients. Tandis que dans certains magasins, les traditions se perdent, nous essayons de les conserver. L'originalité, c'est qu'ici, on peut encore obtenir des graines en vrac, emballées dans des petits sachets gris ».

Les loisirs ont la cote

Autre particularité, et pas des moindres, les portes de la maison Wacheul sont ouvertes du lundi au dimanche et du dimanche au lundi ; et même les jours fériés, en dehors des fêtes de fin d'année. C'est donc ici le paradis des pêcheurs distraits pouvant se ravitailler à tout moment de la semaine.

Au bout de tant d'années de dur labeur, les efforts sont toutefois payants ; puisque le magasin n'a pas été une des nombreuses victimes de la crise financière. Les articles de loisirs ont encore la cote dans notre région. « Bon nombre de gens ne partent plus en vacances car cela coûte cher. Toutefois, ils se disent avoir travaillé toute l'année et bien mérité de s'acheter une bonne canne à pêche. De plus, dans notre secteur, la concurrence est moins forte qu'avant », poursuit l'ex-gérante.

La maison Wacheul est un des plus ancien, voire le plus ancien, commerce de la cité des Iguanodons. Une proximité avec la clientèle, des produits qui font figure d'irréductibles, ainsi qu'une bonne gestion, voici le secret d'une telle longévité.