Carnaval de Basècles: la société « Les Bagnards » s’accroche à ses géants

Les géants ont été mis en vente mais avec l’objectif… de ne pas s’en séparer. Les Bagnards lancent d’un cri d’alarme visant à pérenniser le groupe.

Geoffrey Devaux
 Les géants des Bagnards devraient toujours faire partie du cortège. (FREDERIC BAUDOIN)
Les géants des Bagnards devraient toujours faire partie du cortège. (FREDERIC BAUDOIN) ©FREDERIC BAUDOIN

Les Bagnards défilent dans les rues de Basècles en toute liberté depuis 1994. L’aventure pourrait-elle s’arrêter brutalement après un si long bail ? La volonté du groupe n’est pas celle-là. Plutôt que de véritables adieux, c’est un cri d’alarme qui a été lancé il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, avec l’information suivante: les géants du groupe, El Bagnard, El Gindarme et le dernier-né, El Bagnardo, sont à vendre !

"La situation n’était déjà pas facile avec un engouement moins marqué depuis quelques années, sans parler de la situation financière qui n’est pas facile pour le secteur associatif, indique Denis Leblanc, président honoraire de cette société carnavalesque. Le dernier coup dur, c’est quand nous avons appris que nous ne pourrions plus bénéficier de notre hangar pour pouvoir entreposer nos géants. C’est pourquoi ce message a été diffusé en guise d’électrochoc pour dire que nos trois géants étaient à vendre, ainsi que trois plateaux, deux chars, un tracteur, des supports de drapeaux et des sarcophages. C’est une connaissance qui est bien introduite dans le milieu des géants et du folklore qui a permis de délivrer ce message. Deux heures après, j’avais déjà des retours."

Assurer la transition

Très clairement, l’objectif de Denis et du groupe n’est pas de vendre les géants. D’ailleurs, une piste pourrait se dégager pour pérenniser l’aventure du groupe au sein du "pu biau" des carnavals. "Nous avons eu un contact avec le représentant de porteurs de la région. Il est intéressé, à deux conditions. Un, que les porteurs, qui ne sont pas de Basècles, puissent participer au cortège, ce qui ne posera pas de soucis et deux, que les géants soient stockés dans les environs. Nous lançons donc un appel pour trouver un lieu de stockage."

Si par malheur aucune solution ne venait à se dégager, deux des trois géants seraient potentiellement déjà vendus puisque El Bagnardo et El Bagnard sont convoités. Il restait alors El Gindarme à vendre. Un crève-cœur puisque ce géant a tout de même traversé l’Atlantique à l’occasion des commémorations des 400 ans de la ville de Québec en 2008. "Nos plateaux, on se les arrache aussi. Il faut dire qu’ils sont de qualité, souligne Denis Leblanc. Mais de toute façon, je répète que notre souhait n’est pas de vendre nos géants. Je suis tout à fait disposé à assurer la transition cette année encore si nous sommes en nombre suffisant, en espérant qu’il y aura un regain dans les vocations et la participation dans les années à venir."

Jusqu’à preuve du contraire, les Bagnards sont toujours en vadrouille et il serait dommage de les voir réintégrer définitivement leur cellule. Le groupe est d’ailleurs à la recherche de nouveaux membres.

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