L’inclusion d’enfants à besoins spécifiques dans l’enseignement

L’école libre Saint-François accueille des élèves avec des troubles autistiques et offre une école plus inclusive dans l’intérêt de tous les enfants.

Katel Freson

Vous nous avez ouvert tellement de portes! C'est un peu grâce à vous que nous avons pu garder l'école ouverte". Madame Lise nous reçoit chaleureusement dans la petite école Saint-François, nichée sur la place de Basècles, dans le Hainaut. La directrice de cette école maternelle et primaire de l'enseignement libre défend depuis de longues années l'inclusion d'enfants à besoins spécifiques dans son établissement. En 2018, le jury de l'appel à projets Générations solidaires, lancé par votre journal avec la Fondation Roi Baudouin, a d'ailleurs décerné le Prix Coup de Cœur à l'équipe éducative pour le projet " Vers une inclusion scolaire d'excellence ".

Deux enfants autistes ont d'abord été accueillis. Aujourd'hui, ce sont 14 enfants à besoins spécifiques (troubles dys, troubles autistiques…) sur 147 élèves qui sont accompagnés par une solide équipe d'institutrices motivées. " Grâce aux 5 000€ du prix reçu de Générations solidaires, nous avons pu suivre une formation aux troubles de l'autisme mais aussi une formation pour mieux soutenir des enfants qui ont des problèmes de dyscalculie, de dysorthographie, de dyspraxie. Et acheter du matériel adéquat. Cette inclusion profite à tous les enfants de notre école. "

C'est que Madame Lise refuse d'être taxée d'"école des handicapés". Elle prône une véritable inclusion à tous les niveaux. "Je dis souvent aux parents que je n'ai pas de baguette magique. Nous accompagnons leurs enfants pour assurer leur bien-être. Mais si notre suivi n'est plus suffisant et que l'enfant a besoin de soins médicalisés, nous ne pouvons plus le prendre en charge. Il rejoindra une école de l'enseignement spécialisé."

L'école Saint-François a, aussi, participé à l'appel à projets "École numérique". Elle s'inscrit également dans la démarche de "l'école du dehors" avec plus d'activités ludiques à l'extérieur. Mais depuis 2018, la petite école cumule les déboires. La médiatisation de son école a valu à Madame Lise une kyrielle d'ennuis. Une visite "surprise" des pompiers a bien failli sonner le glas de la petite école Saint-François. Il a fallu trouver, en urgence, 150 000€ dont 50 000€ aux frais du pouvoir organisateur, pour remettre les bâtiments aux normes incendie. Madame Lise a donc pris son bâton de pèlerin et recontacté les partenaires de Générations solidaires: la Fondation Roi Baudouin, la coopérative CERA mais aussi des donateurs privés. "La reconnaissance de Générations solidaires et la visibilité que cela nous a donné nous a permis de trouver les fonds nécessaires pour sauver notre école. Générations solidaires a eu un effet domino. Ce beau prix a aussi boosté la motivation de toute l'équipe!".

Tout n'est pas rose pour autant. "Nous avons dû fermer la classe inclusive. J'en ai pleuré!", raconte Lise Amorison. Une enseignante du spécialisé, Florence Declercq, accompagne les élèves à besoins spécifiques par "périodes" de 50 minutes. "Nous avons ici accompli des miracles. Des enfants ont réussi leur CEB grâce à un accompagnement spécifique. Je risque de perdre encore du personnel car on rabote tous les budgets. Et bien, je retournerai chercher des fonds pour mon école!"

Infos: www.generations-solidaires.be