Durant la Seconde Guerre mondiale, le bourgmestre bien malchanceux de Rebaix…

En mai 1943, le bourgmestre de Rebaix, est la cible à deux reprises d’hommes armés. Les deux butins sont assez importants. Un document tiré des archives de la Police générale du Royaume.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le bourgmestre bien malchanceux de Rebaix…
©© Archives de l’État.

Le 24 mai 1943, vers minuit, le bourgmestre de Rebaix, Omer Gossuin, se retrouve face à une bande d’une dizaine d’individus, dont quatre sont armés. Ils pénètrent chez lui, les tiennent en joue, sa famille et lui, et lui réclament les feuilles de timbres de ravitaillement. Il ne les a pas. Il est alors emmené chez l’employé du ravitaillement de la commune, qui finit par remettre aux voleurs 850 feuilles, soit un peu moins de 60 000 timbres de différentes catégories. Une fois le butin emporté, la bande retourne chez le bourgmestre, où sa famille était toujours tenue en joue des armes à feu, et disparaît dans la nature. Les gendarmes de la brigade d’Ath, une fois alertés, se rendent immédiatement sur les lieux, et protègent les traces de pas découvertes pour mener leur enquête.

Le lendemain, également vers minuit, cinq individus, se faisant passer pour des membres de "l’escadron de lutte contre la fraude" venus enquêter sur le vol de la veille, dérobent au bourgmestre sous la menace des armes la somme de 50 000 francs. Probablement pour brouiller les pistes, ces voleurs ont affirmé qu’ils étaient les auteurs du larcin de la veille.

Multiplication des vols à main armée

À partir de 1942 et surtout 1943, devant la difficulté de se ravitailler, les vols à main armée se multiplient. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène: l’appauvrissement de la population, le développement de la résistance ou encore l’augmentation de personnes vivants dans la clandestinité. Les procès-verbaux rédigés par les gendarmes et envoyés à la Police générale du Royaume témoignent de cette criminalité et de la vie quotidienne sous l’occupation allemande.