Les funérailles s'adaptent aussi à la crise: «Si deux personnes se tombent dans les bras, je ne vais pas les séparer»

Avec la crise, les centres funéraires ont dû adapter leur manière de travailler. Ils mettent le dialogue au cœur de leurs préoccupations.

Pauline FOUCART
Les funérailles s'adaptent aussi à la crise: «Si deux personnes se tombent dans les bras, je ne vais pas les séparer»
Serge Degauque n’a jamais connu aucun débordement depuis le début de la crise. ©EdA - 501348845293

Les centres funéraires ont été frappés de plein fouet par la crise sanitaire, en mars 2020. «Nous avons travaillé dans des conditions compliquées, indique Nicolas Lumen, le gérant des pompes funèbres Lumen (Ath). Il y avait une part d'inquiétude, car nous ne savions pas vraiment ce qu'il se passait. C'était dur, mais nous avons toujours donné la priorité au dialogue avec nos familles. Nous avons mis nos états d'âme de côté, pour les satisfaire et répondre à leurs besoins, car elles vivaient des choses très dures.» Si, durant la première vague, seules dix personnes étaient admises aux funérailles, les mesures se sont depuis légèrement adoucies. « Aujourd'hui, cinquante personnes peuvent assister aux funérailles, pour autant que l'église puisse en accueillir autant, dans le respect des règles de distanciation sociale», ajoute Serge Degauque, le gérant des pompes funèbres Degauque (Lessines). «Les familles acceptent ces conditions, mais elles ne savent jamais quel ami ou quel voisin sera présent. C'est simple: dans l'église, lorsque toutes les chaises sont prises, il faut attendre dehors. En général, on est rarement 50, car les gens ont peur et n'osent pas s'imposer. En une année de crise, je n'ai jamais rencontré aucune difficulté à faire respecter ces mesures aux familles. »