S’il n’était pas Dieu, Guy Spitaels fut un authentique Géant

Attaché à sa ville, Guy Spitaels avait à cœur de renforcer son attractivité. Le maïeur actuel et le secrétaire communal évoquent son œuvre.

Fanny GERRAERTS
S’il n’était pas Dieu, Guy Spitaels fut un authentique Géant
Ath, Guy Spitaels ©ÉdA – 10152135071

Rebaptisée à raison «Spit City» par le chanteur du cru Lariguette, la ville d’Ath actuelle porte indéniablement l’empreinte de celui qui en fut le bourgmestre, empêché ou en fonction, durant vingt ans. Tous deux profondément affectés par le décès de Guy Spitaels, Jean-Pierre Denis, bourgmestre actuel, et Marc Duvivier, secrétaire communal depuis 1978, évoquent avec admiration l’œuvre de cette divinité locale, et avec affection leurs relations personnelles.

«Il a fait toute sa carrière politique locale avec mon père, échevin à ses côtés, explique Jean-Pierre Denis. Une amitié s'est donc nouée entre eux. Moi-même, lorsque j'ai traversé des moments difficiles, j'ai toujours pu compter sur lui. C'était quelqu'un de respecté. On ne tapait pas sur son épaule. Mais derrière cette façade, c'était un homme d'une profonde humanité. Il est également celui qui a transformé Ath. Aux débuts des années 70, Ath était une ville-dortoir. Les bistrots vivotaient. La Tour Burbant était un champ de ruines, les abords de l'hôtel des finances étaient des taudis et il y avait des friches industrielles. Il a lancé les processus de revitalisation urbaine. Même des projets inaugurés plus tard, comme le stade de football ou la Maison des Géants, sont de lui. En suivant son exemple, les bourgmestres successifs ont bien compris comment se gérait une ville, comment la garder attractive. Ce n'était pas quelqu'un d'orgueilleux donc il ne s'est jamais vanté de ses réalisations. Il se considérait comme un acteur parmi d'autres. Mais au fond, il était fier d'avoir fait d'Ath ce que la ville est devenue. Il y était très attaché. D'ailleurs, le mandat de bourgmestre est le dernier qu'il a gardé. Par la suite, il ne se mêlait plus de la politique locale, même s'il aimait me dire «Parle moi d'Ath» lorsque nous nous croisions sur la Place. »

Marc Duvivier a travaillé presque vingt-cinq ans en tandem avec celui qu'il dit «considérer comme un second père»: «C'est lui qui m'a fait découvrir la carrière de secrétaire communal, avec beaucoup de joie. Pour moi, travailler avec lui, c'était un tandem de rêve, à la fois en vélo et pour la Ville. Il était le chef politique et moi le chef administratif: j'appliquais ses décisions. Aux cours de nos promenades à vélo, à l'aller, j'exposais tous les dossiers. Et au retour, il me posait des questions, tant sur ceux-ci que sur le chant d'un oiseau, par exemple. Il a fait beaucoup pour les Athois et pour les gens des environs. Il était attentif à tout, des plus grands problèmes de sociétés aux difficultés des plus petits. Il a apporté énormément sur le plan social, avec notamment la réorganisation des hôpitaux, mais aussi pour la liberté de cultes, avec une attention sincère pour l'entretien des bâtiments. L'autoroute, la ligne ferroviaire, la rénovation de la Grand-Place par référendum populaire – il fallait oser l'organiser! – sont autant de projets que nous lui devons. Il aimait partager ses idées et intégrait généralement les remarques. Au final, il est parvenu à créer un grand consensus de toutes les forces politiques pour le projet de ville. C'était un homme exceptionnel par sa capacité intellectuelle, sa simplicité et aussi par son humour grinçant.»