Réactions politiques et excuses de la SNCB pour avoir débarqué des mineurs d’un train

Deux affaires similaires impliquant des mineurs d’âges débarqués d’un train parce qu’ils n’avaient pas leur abonnement sur eux a fait réagir le monde politique et la SNCB.Les faits s’étaient respectivement déroulés à Mévergnies et à Gand.

Vincent Dubois
 Le jeune Philippert avait été débarqué au milieu de nulle part, sur le quai de la halte de Mévergnies-Attre.
Le jeune Philippert avait été débarqué au milieu de nulle part, sur le quai de la halte de Mévergnies-Attre. ©EdA - 60345894503 

Dans un article du 9 décembre dernier, nous évoquons le cas du jeune Philibert, 12 ans, prié de quitter le train qui devait (en principe) le conduire à l’école à Brugelette, sous prétexte qu’il n’avait pas son abonnement sur lui.

L’enfant avait été laissé seul sur le quai de l’arrêt précédant celui où il devait en principe descendre, soit à Mévergnies-Attre, un coin perdu en pleine campagne.

Cette situation avait provoqué la colère et l’indignation des parents du jeune homme qui avaient introduit une plainte auprès de la SNCB.

Le même jour, une jeune fille de 12 ans également, subissait le même sort dans la région gantoise.

Le ministre interrogé par deux députées fédérales

Ces deux événements ont incité les députées fédérales, la frasnoise Marie-Colline Leroy (Écolo) et la verviétoise Chanelle Bonaventure (PS), à interroger, en commission de Mobilité, le ministre Georges Gilkinet qui a cette compétence dans ses attributions. Après un rappel des faits concernant les deux cas évoqués plus haut, les députées ont notamment demandé au ministre de rappeler quelle procédure doit respecter un contrôleur confronté à un abonné qui ne peut pas présenter de titre de transport mais aussi ce que la SNCB entend mettre en place pour que des situations similaires à celles évoquées plus haut ne se présentent plus.

Inacceptable et...interdit, selon le ministre de la Mobilité

" Les récents cas de débarquement de mineurs des trains sont totalement inacceptables, soyons bien clairs, et ne doivent plus se reproduire, répond notamment le ministre. Dans les deux cas, la SNCB a pris contact avec les familles des mineurs concernés pour leur présenter ses excuses. En ce qui concerne les procédures de contrôle, un accompagnateur de train ne peut en aucun cas faire descendre d’initiative un voyageur du train, même s’il s’agit d’un adulte, et à fortiori lorsqu’il s’agit d’un mineur, en rase campagne. Un rappel de la réglementation a été fait à l’ensemble du personnel roulant afin d’éviter que d’autres cas de ce genre ne se reproduisent. Par ailleurs, la SNCB me précise que le matériel mis à disposition de l’accompagnateur de train ne lui permet malheureusement pas de vérifier, sur la base du nom du voyageur, si ce dernier possède ou non un titre de transport conforme.

Ce type de contrôle ne peut être réalisé qu’au guichet ou par le service clientèle. Les accompagnateurs de train peuvent uniquement vérifier la validité de l’itinéraire, la date et la classe d’un titre de transport, si celui-ci peut être scanné ou lu dans le train.

Si le titre de transport ne peut être présenté dans le train ou est illisible, le voyageur ne peut pas être contrôlé par l’accompagnateur. Si un voyageur n’a ni ticket ni argent pour s’acquitter d’un titre de transport lors de l’embarquement, et s’il ne peut pas s’identifier afin que soit dressé un constat d’irrégularité, l’accompagnateur fait appel à Securail. Le voyageur sera ensuite invité à descendre dans une gare, où il sera pris en charge par des agents habilités à l’identifier et à suivre la procédure en toute sécurité pour tous…

Lorsqu’un voyageur est sanctionné en raison d’un titre de transport illisible ou oublié, il a la possibilité de se rendre auprès de n’importe quel guichet ou d’introduire une demande auprès du service clientèle dans un délai de 14 jours, date d’effet comprise, afin de régulariser sa situation.

Mais vous l’aurez compris, la procédure n’a pas été correctement appliquée dans les cas que vous citez de débarquements de mineurs…"

Les excuses de la SNCB ont été entendues par les parents, du moins par ceux de Philibert que nous avons pu contacter et qui tiennent à préciser que cette affaire n’aura pas ébranlé leur attachement aux transports en commun mais qu’il convenait, dans le cas d’espèce, de remettre les pendules à l’heure…

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