Ramdam: « De grandes espérances » pour changer le monde

Le deuxième long-métrage de Sylvain Desclous entremêle transfuge et histoire d’amour sur fond politique avec comme actrice principale Rebecca Marder.

Laure Watrin
 Sylvain Desclous a choisi une mésaventure personnelle pour débuter son film «De grandes espérances».
Sylvain Desclous a choisi une mésaventure personnelle pour débuter son film «De grandes espérances». ©L.W.

Été 2019. Tout juste diplômée de Sciences-Po, Madeleine (Rebecca Marder) se prépare à passer les oraux de l’ENA (École nationale d’Administration) avec son compagnon, Antoine. Ce couple d’étudiants, promis à un bel avenir, occupe une maison louée en Corse. Au détour d’une petite route déserte, une rencontre imprévue scelle leur destin. Un secret les lie à présent et pèsera lourd sur leur future carrière politique.

Une députée, Gabrielle Dernaz (Emmanuelle Bercot) embarque Madeleine dans son équipe, notamment pour la rédaction de ses discours. Tandis qu’Antoine devient conseiller de Thomas Peltier, un rival politique.

Un mensonge est parfois nécessaire pour défendre ses intérêts…

Moralité ou immoralité ?

Sept ans. C’est long, mais c’est le temps qu’il a fallu au réalisateur, Sylvain Desclous, pour que son deuxième long-métrage puisse arriver à "maturation". Point de départ de cette histoire: une péripétie personnelle.

"Il y a quelques années, je me baladais en voiture immatriculée 75 – un détail qui a son importance – sur une petite route de Corse. Tout à coup, je vois se pointer devant nous un véhicule qui roulait totalement en plein milieu de la route. Mon premier réflexe a été de faire des appels de phares. Puis, un second. Mais quand on s’est croisé, j’ai été obligé de me déporter. J’ai poussé un cri et j’ai eu l’intime conviction que je venais de faire une erreur (rires). J’ai jeté un coup d’œil dans le rétroviseur et la voiture était en train de faire demi-tour. Elle m’a poursuivi pendant plusieurs kilomètres. On a fini par s’arrêter. Le dialogue est le même que dans le film (sauf que la scène va plus loin dans la fiction !). Je me suis dit que ça pouvait être le début d’un long-métrage. Mais cela n’allait faire que les quinze premières minutes, il fallait réfléchir à une suite (rires)".

Sylvain Desclous a mélangé des thématiques qui lui étaient chères. "J’avais envie que l’arène de cette histoire soit le monde de la politique. Ce qui m’intéressait, c’était de voir comment un personnage comme Madeleine, emplie des meilleures intentions et d’une envie de changer le monde, pouvait aller avec ses idées et un tel secret".

Les festivaliers ont eu l’occasion également de débattre longuement sur la question de la moralité ou l’immoralité de la protagoniste principale. "En écrivant l’histoire, je n’avais aucune envie que ça se termine mal pour Madeleine. Je voulais qu’elle s’en sorte, mais je me suis demandé si c’était moral. Est-ce que de temps en temps David peut gagner contre Goliath ? (On ne peut pas en dire plus, sinon ce serait révéler la fin)".

Prochaine séance: samedi 21/01 à 11h05

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