Ramdam: un affectueux long-métrage en ouverture et un appel à se mobiliser pour Olivier Vandecasteele

Lors de la soirée de gala, le Ramdam festival a confirmé que sa programmation pouvait être dérangeante, mais aussi pleine de sensibilité.

Laure Watrin

Des films qualifiés de "rayons de soleil" par Jean-Pierre Winberg, président de cette treizième édition du Ramdam. "Il y en a au moins une quinzaine sur les nonante-cinq proposés".

Souvent critiquée pour son penchant négatif, la nouvelle programmation interpelle, oui, par les histoires et personnages, mais "permet aussi de respirer".

Le premier long-métrage du réalisateur Colm Bairéad, "The Quiet Girl" (la fille silencieuse), en est un exemple. Présenté lors de la soirée de gala ce vendredi 13 janvier, il est une tendre adaptation du roman "Foster" de Claire Keegan avec ces questions autour de la famille, de l’amour et du deuil.

Le film, entièrement tourné en gaélique, a déjà triomphé chez les Anglais et les Irlandais. De nombreuses récompenses lui ont été décernées et peut-être qu’un Oscar s’ajoutera prochainement à la liste de prix.

Si vous avez apprécié "La vraie famille" de Fabien Gorgeart l’an dernier, vous risquez d’y voir quelques parallèles…

Besoin d’amour pour s’épanouir

Aux yeux de ceux qui l’entourent, Cáit (Catherine Clinch) disparaît. Taiseuse et introvertie, cette fillette âgée de neuf ans est issue d’une famille défavorisée. Elle vit avec ses parents et ses nombreux frères et sœurs bien plus bruyants. Les pleurs du cadet résonnent dès que la caméra passe la porte de la maison.

À l’école, Cáit n’a guère plus d’attention. Elle a des difficultés à la lecture et les moqueries de ses camarades n’aident pas.

Alors que les vacances estivales arrivent et que sa maman, enceinte, approche de son terme, la petite fille est confiée sans explications à un couple de proches quinquagénaires. Et ces étrangers seront sûrement la meilleure chose que Cáit puisse connaître.

Dans leur ferme spacieuse et entretenue, elle ne manque de rien: de la compagnie, des repas réguliers, des vêtements propres, des bains chauds,… Il ne fallait à cet enfant qu’un peu d’affection et de gentillesse.

Si la femme se montre chaleureuse dès les premiers instants, son époux gardera d’abord ses distances, pas même un regard pour la fillette, avant de participer à son éducation. Leurs liens se tissent progressivement et se renforcent à la découverte d’un triste passé.

Prochaines projections de "The Quiet girl": le 19/01 à 17h et le 21/01 à 11h15.

« Un vrai élan citoyen » pour Olivier Vandecasteele

Avant de lancer le festival, l’équipe organisatrice a souhaité avoir une pensée pour Olivier Vandecasteele.

Ce travailleur humanitaire tournaisien est emprisonné en Iran depuis plusieurs mois maintenant et vient d’être injustement condamné à une peine de quarante ans ainsi qu’à septante-quatre coups de fouet.

Nathalie Vandecasteele, sœur du quarantenaire, était présente dans la salle. "Les nouvelles ne sont pas bonnes, surtout au niveau de son état de santé. Il a perdu vingt-cinq kilos".

Celle-ci a souligné que ces derniers jours, "un vrai élan citoyen se met en place". On peut évoquer par exemple, il y a quelques jours, la pose d’une bâche géante sur le beffroi de la ville, en présence de la famille Vandecasteele et de plusieurs centaines de badauds et d’écoliers.

"Au début, on nous a demandé d’être discrets. Mais on a dû faire face à de nombreux freins. Alors, on a besoin de l’aide de la population pour agir. Il faut mettre la pression aux élus locaux pour que l’information puisse remonter. Olivier est un otage politique, et c’est bien le politique qui va pouvoir le sortir de là".

Nathalie Vandecasteele demande "d’inonder les réseaux sociaux", espérant que les choses bougent.

Les membres du comité du Ramdam se rendent bien compte que le festival n’est pas là pour faire de la politique, mais Éric Derwael, commissaire général, souligne: "on est quand même dans un festival qui dérange et quand un sujet nous touche, on a envie de le montrer et, ici, de dénoncer le chantage politique. On se sent proche de Nathalie, parce qu’elle est une fidèle du Ramdam. On pourrait faire un documentaire sur le parcours de cet humanitaire, tant il y a de choses à dire".

Premier rassemblement national le 22 janvier à 13h45 à Bruxelles, près de la gare centrale.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...