Un tapis déroulé, à Tournai, en hommage aux victimes de la route

Durant ces 50 dernières années, en Belgique, 80 000 personnes sont décédées dans un accident de la route, soit davantage que la population de la cité des cinq clochers.

G.Dx

En cette journée mondiale du souvenir des victimes de la route, un bel hommage a été rendu dans la cité des cinq clochers, square Roger, à deux pas de la statue installée en début d’année en mémoire des victimes de la route.

L’institut Vias et l’association des parents d’enfants victimes de la route (PEVR) ont symboliquement déployé un tapis entouré de cœurs reprenant le prénom des victimes.

"Sur les 50 dernières années, près de 80 000 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route, confie Benoit Godart, porte-parole de Vias. C’est à peu de chose près le nombre d’habitants d’une ville comme Tournai et c’est la raison pour laquelle Tournai a été choisie pour cette action symbolique. L’année 1972 avait marqué un triste record avec 3 101 victimes. Depuis, ce nombre baisse progressivement mais on veut toujours tendre vers le seul objectif acceptable, à savoir zéro victime. "

Le bourgmestre tournaisien, Paul-Olivier Delannois, étant souffrant, c’est l’échevin Philippe Robert qui a pris la parole en rappelant que "selon une analyse de Vias sur les 9 premiers mois de l’année, un tué sur quatre au moins sur nos routes est un piéton ou un cycliste. "

Pour Bertrand Jardon, président de PEVR, à qui Philippe Robert a remis la pièce manquante au niveau du cœur de la statue en forme de puzzle érigée square Roger, "se souvenir, se soutenir et agir, voilà nos trois priorités."

S’en est suivi le témoignage poignant d’Yves Lefèvre sur son vécu professionnel et émotionnel en tant que pompier. Le récit bouleversant de Bernadette Cuvelier a aussi marqué les esprits. Médecin urgentiste, elle était parvenue il y a vingt ans à réanimer un jeune de 21 ans après un accident. Sorti d’affaire après une longue convalescence, il était venu lui dire merci. Bernadette a elle-même perdu sa propre fille en janvier dernier. Naomé avait 35 ans et rentrait de son travail. Infirmière urgentiste, elle était particulièrement fatiguée. La nuit du 28 au 29 janvier, elle n’est jamais arrivée chez elle…